Sante

Assurance de prêt et valvulopathie : comment sécuriser son crédit immobilier

Article écrit par

Astrid Cousin

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Magnolia.fr

Être atteint d’une valvulopathie cardiaque n’a pas uniquement des conséquences médicales. Ce trouble cardiovasculaire peut aussi avoir un impact sur votre projet immobilier. Lors d'un emprunt immobilier, l’assurance de prêt est indispensable pour protéger la banque et sécuriser votre financement. Or, une pathologie des valves cardiaques augmente le risque estimé par les assureurs. Résultat possible : surprime, exclusions ou refus d’assurance si le dossier n'est pas correctement préparé.

Voici tout ce qu'il faut savoir pour comprendre la valvulopathie, ses conséquences sur l'assurance emprunteur et les solutions pour décrocher votre financement au meilleur tarif malgré un risque aggravé de santé.

Quelles sont les conséquences de la valvulopathie sur l’assurance de prêt immobilier ?

L'assurance emprunteur couvre l’emprunteur en cas de :

  • décès
  • perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA) : votre état nécessite l’assistance d’un tiers pour les gestes de la vie quotidienne (se lever, se laver, se nourrir, se déplacer).
  • invalidité permanente totale ou partielle (IPT / IPP) : le taux d’invalidité est compris entre 33% et 66% en IPP et supérieur à 66% en IPT.
  • incapacité temporaire de travail (ITT) : la garantie ITT intervient en cas d’arrêt de travail pour maladie ou accident après expiration de la franchise (entre 15 et 180 jours selon les contrats).

Une valvulopathie augmente, selon les assureurs, la probabilité de complications cardiaques ou d'arrêt de travail. Le dossier est alors considéré comme un risque aggravé de santé en assurance de prêt.

Les conséquences d’une maladie cardiaque en assurance emprunteur sont les suivantes :

  • surprime d’assurance de prêt
  • exclusions médicales, souvent liées aux pathologies cardiovasculaires
  • garanties limitées ou refusées
  • demande d'examens médicaux complémentaires

La décision de l’assureur dépendra surtout de :

  • type de valvulopathie
  • sévérité
  • traitements en cours
  • âge du patient
  • état général et facteurs associés (diabète, hypertension, tabac, IMC, cholestérol)
  • résultats d'examens récents

Comment déclarer une valvulopathie lors de la souscription d'une assurance de prêt ?

Lors de la souscription, l’assureur demande :

1. Questionnaire de santé

  • antécédents cardiovasculaires
  • date du diagnostic
  • intervention chirurgicale passée ou prévue
  • traitement en cours
  • symptômes actuels
  • éventuels arrêts de travail des 5 dernières années

Ne rien cacher. Une fausse déclaration lors du questionnaire peut entraîner :

  • nullité du contrat
  • refus d'indemnisation
  • poursuites pour fausse déclaration
  • demande de remboursement immédiat du crédit

2. Documents médicaux

Le médecin-conseil de l’assureur va pousser plus loin ses investigations pour affiner son analyse et vous demander :

  • le compte rendu cardiologique
  • le dernier électrocardiogramme
  • une échographie cardiaque récente
  • les résultats d’IRM ou scanner si applicable
  • les bilans sanguins récents

3. Bilan hospitalier en cas de chirurgie

Après remplacement ou réparation valvulaire, pensez à fournir l’historique opératoire.

Comment l’assurance de prêt évalue la valvulopathie ?

Selon gravité, le médecin-conseil de l’assureur émet une décision :

  • Dossier stable et contrôlé : Assurance acceptée avec surprime d’assurance de prêt modérée
  • Pathologie avec antécédents chirurgicaux mais stabilisée : Surprime plus élevée, exclusions possibles
  • Valvulopathie évolutive ou mal contrôlée : Exclusions fréquentes des pathologies cardiovasculaires ou refus partiel (garantie décès seule)
  • Cas sévères avec insuffisance cardiaque avancée : Refus d'assurance possible.

Dans certains cas, une période d’observation est demandée après chirurgie ou changement de traitement.

Assurance emprunteur et valvulopathie : à quelles décisions s’attendre concrètement ?

L’assureur peut :

  • accepter sans surprime (rare, uniquement si la pathologie est très légère et maîtrisée)
  • appliquer une surprime de 25 à 150%
  • exclure les garanties liées aux maladies cardiovasculaires
  • limiter les garanties à la garantie décès uniquement
  • exiger des examens complémentaires
  • refuser totalement le dossier

Valvulopathie : que faire si l’assurance refuse votre dossier ?

Vous pouvez activer le droit à l’assurance emprunteur pour risque aggravé en vertu des dispositions de la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé).

Ce système favorise l'accès à l'assurance pour les emprunteurs présentant une maladie grave. Le dossier est examiné en 3 niveaux pour trouver une solution adaptée.

Il ne garantit pas une acceptation systématique, mais permet d’explorer toutes les options. 

Si les garanties invalidité permanente (totale ou partielle) sont refusées, le pôle assurance va étudier la possibilité de vous accorder la GIS (Garantie Invalidité Spécifique) prévue par la convention : elle intervient si votre taux d'invalidité est d'au moins 70 % selon le barème annexé au Code des pensions civiles et militaires et vous couvre sans exclusion possible d’une pathologie déclarée.

Comment optimiser vos chances d'obtenir une assurance de prêt au meilleur tarif avec une valvulopathie ?

Choisir la délégation d’assurance

La loi Lagarde vous permet de choisir librement votre contrat d’assurance emprunteur. Ne vous limitez pas à l’assurance groupe de la banque. Les contrats individuels des assureurs spécialisés sont souvent mieux adaptés et moins coûteux.

Comparer les offres

Utilisez un comparateur d'assurance emprunteur et faites appel à un courtier spécialisé : cette démarche est particulièrement utile pour payer le juste prix et être protégé en toutes circonstances.

Mettre en avant votre suivi médical

Les assureurs apprécient :

  • un suivi régulier en cardiologie
  • les comptes rendus récents
  • un état stabilisé
  • une bonne hygiène de vie

Profiter de la loi Lemoine

Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine en 2022, certains emprunts ne nécessitent plus de questionnaire de santé si :

  • la part assurée est inférieure ou égale à 200 000 euros (400 000 euros à deux, quotité 50/50)
  • le solde du crédit intervient avant 60 ans.

Dans ce cas, vous échappez à la surprime liée à la valvulopathie.

Renégocier si votre situation s’améliore

Après une stabilisation ou intervention réussie, vous pouvez demander :

Trois conseils pratiques pour emprunteurs concernés par une valvulopathie

  • Anticipez votre démarche d'assurance en amont de la demande de prêt.
  • Rassemblez vos documents médicaux pour faciliter l'étude du dossier.
  • Faites accompagner votre dossier par un courtier spécialisé en assurance de prêt.

Une valvulopathie peut compliquer l'accès à l'assurance de prêt, mais elle ne signifie pas l’impossibilité d’emprunter. En comprenant le fonctionnement de ce type d’assurance, en préparant soigneusement votre dossier et en utilisant les outils légaux comme la délégation d'assurance et la loi Lemoine, il est possible de trouver une couverture adaptée et de concrétiser votre projet immobilier.

Qu'est-ce qu'une valvulopathie cardiaque ?

Une valvulopathie désigne une anomalie au niveau des valves du cœur. Ces valves fonctionnent comme des clapets permettant la circulation du sang dans une seule direction et au bon rythme. Lorsqu'une valve se ferme ou s’ouvre mal, le cœur doit travailler davantage pour compenser ce dysfonctionnement.

On distingue 2 types principaux de valvulopathies :

  • Sténose valvulaire : La valve se rétrécit. Elle ne s’ouvre pas suffisamment et laisse passer un volume trop faible de sang.
  • Insuffisance valvulaire : La valve ne se ferme pas correctement. Une partie du sang reflue dans le sens inverse au lieu de circuler normalement.

Ces dysfonctionnements peuvent toucher différentes valves du cœur :

  • valve aortique
  • valve mitrale
  • valve tricuspide
  • valve pulmonaire

Quand le problème persiste, cela entraîne un surmenage du muscle cardiaque et peut mener à une insuffisance cardiaque, des troubles du rythme, des complications thromboemboliques ou une dégradation de la qualité de vie.

Quels sont les causes et les facteurs de risque d'une valvulopathie ?

Plusieurs causes peuvent expliquer l'apparition d’une valvulopathie :

  • Maladie dégénérative liée à l’âge (la plus fréquente)
  • Rhumatisme articulaire aigu non traité dans l'enfance
  • Pathologie congénitale comme une bicuspidie aortique
  • Dépôt calcique sur les valves
  • Infections telles que l’endocardite infectieuse
  • Traitements médicaux ou radiothérapie thoracique
  • Hypertension artérielle non contrôlée
  • Maladies métaboliques ou inflammatoires rares

Certaines personnes sont plus exposées :

  • seniors
  • patients diabétiques
  • personnes présentant une obésité sévère
  • sujets avec antécédents familiaux de pathologie valvulaire
  • individus ayant présenté une maladie cardiaque antérieure

Quels sont les symptômes d’une valvulopathie ?

Tous les patients ne ressentent pas de symptômes au début, surtout si la valvulopathie évolue lentement. Mais lorsque le cœur commence à fatiguer, plusieurs signes peuvent apparaître :

  • essoufflement à l’effort puis au repos
  • fatigue importante
  • douleurs thoraciques
  • palpitations
  • œdèmes des jambes
  • vertiges voire syncope
  • toux fréquente, surtout la nuit
  • intolérance à l’effort

Une découverte peut aussi survenir lors d’un examen médical, via un souffle cardiaque à l’auscultation suivi d’examens plus poussés.

Quelles sont les complications possibles d’une valvulopathie ?

Une valvulopathie non traitée peut entraîner :

  • insuffisance cardiaque
  • fibrillation atriale ou autres troubles du rythme
  • embolies et accidents vasculaires (AVC)
  • hypertrophie du cœur
  • œdème pulmonaire
  • risque d'endocardite infectieuse

Plus la valvulopathie est sévère et plus le risque cardiovasculaire est important, ce qui explique la vigilance accrue des assureurs.

Quels traitements existent pour une valvulopathie ?

La prise en charge dépend de la gravité :

Mesures médicales

  • suivi cardiologique
  • traitement de l'hypertension ou du diabète
  • anticoagulants parfois nécessaires
  • diurétiques en cas d’insuffisance cardiaque
  • antiarythmiques si trouble du rythme

Interventions possibles

Dans les formes sévères, peut être envisagé :

  • une réparation valvulaire
  • un remplacement de valve par prothèse mécanique ou biologique
  • la technique TAVI (implantation valvulaire aortique par voie percutanée) chez certains patients

Les avancées médicales permettent aujourd’hui une vie active malgré la maladie, mais le suivi doit rester strict.