Budget de la Sécu 2022 : les changements qui concernent votre santé

Le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) pour 2022 a été adopté le 29 novembre dernier. Il prévoit plusieurs mesures destinées à faciliter l'accès aux soins comme le remboursement de la contraception pour les jeunes femmes ou la prescription des lunettes par les orthoptistes. Faisons le point sur ces bonnes nouvelles qui vont améliorer votre santé et simplifier votre parcours de soins.

Contraception gratuite pour toutes les femmes jusqu'à 25 ans

Aujourd'hui, l'Assurance Maladie prend en charge intégralement la contraception pour les mineures. En 2022, toutes les femmes jusqu'à 25 ans pourront se faire rembourser à 100% les prestations et produits suivants :

  • une consultation par an avec un médecin ou une sage-femme
  • les contraceptifs (pilule, implants, stérilet, diaphragme, contraception d'urgence, hors préservatif féminin, patch contraceptif, spermicide et anneau vaginal)
  • les examens biologiques nécessaires.

Les infirmiers et les pharmaciens sont autorisés à renouveler toute prescription médicale de contraception datant de moins d'un an pour une durée supplémentaire de 6 mois maximum (non renouvelable).

Simplification de l'accès à la CSS (Complémentaire Santé Solidaire)

Le PLFSS 2022 prévoit de faciliter l'attribution de la CSS aux bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) et de l'ASPA (Allocation de Solidarité aux Personnes Âgées), qui y sont automatiquement éligibles compte tenu de leurs ressources. Les personnes touchant le RSA n'auront aucune démarche préalable de leur part pour profiter de la CSS, et les seniors qui reçoivent le minimum vieillesse bénéficieront d'une présomption de droit à la CSS. Ces derniers recevront directement la documentation nécessaire sans qu'ils aient à engager la démarche pour obtenir la CSS.

Rappelons que la CSS remplace la CMU-C et l'ACS depuis novembre 2019. Ce dispositif dispense les personnes bénéficiaires de faire l'avance des honoraires et des frais chez les médecins et autres praticiens de santé, ainsi que sur les médicaments et la plupart des dispositifs médicaux comme les fauteuils et les pansements. Les consultations ne peuvent donner lieu à aucun dépassement d'honoraires, sauf exigence du patient. 

Selon conditions de ressources, la CSS est sans participation financière ou coûte entre 8€ et 30€ par mois selon l'âge.

Vous pouvez évaluer vos droits à la CSS en cliquant sur ce lien.

Prescription des lunettes par les orthoptistes

Les orthoptistes pourront réaliser, sans ordonnance préalable d'un ophtalmologiste, des bilans visuels simples et prescrire des lunettes ou des lentilles de contact pour les corrections faibles. Cette mesure a suscité la grogne des ophtalmologistes, qui ont fait grève fin octobre sur l'appel de leur syndicat. Ils fustigent “une démédicalisation de la prise en charge de l'examen visuel et du dépistage”, et mettent en garde contre le danger pour les patients, en particulier dans la prévention du diabète. Le but de la mesure est de lutter contre les délais d'attente, souvent très longs, pour obtenir un rendez-vous chez l'ophtalmo.

Les orthoptistes sont des auxiliaires médicaux dont la mission est de corriger les troubles occulaires par la rééducation et la réadaptation, mais ils ne sont pas médecins à la différence des ophtalmologistes. Ils interviennent souvent à la demande du médecin spécialiste et sont autorisés depuis avril 2020, tout comme les opticiens, à assurer le renouvellement et l'adaptation d'équipements d'optique sous certaines conditions.

Accès direct aux kinés et aux orthophonistes

En 2022, il sera possible de se rendre chez son kiné ou son orthophoniste sans ordonnance de son médecin traitant, à condition qu'il exerce dans un structure de soins coordonnés (maisons de santé et centres de santé). La mesure sera d'abord expérimentée sur 3 ans dans 6 départements dont la liste n'est toujours pas connue. Les zones sélectionnées pour cette expérimentation seront en priorité situées là où l'accès à un rendez-vous médical est difficile.

Prise en charge de la télésurveillance médicale

Pratique médicale intégrée dans la télémédecine, la télésurveillance sera remboursée par l'Assurance Maladie en 2022. Seuls les dispositifs de télésurveillance inscrits sur une liste définie par arrêté ministériel seront susceptibles d’être pris en charge.

La télémédecine se définit comme une activité de surveillance médicale associée à un dispositif médical numérique ayant pour objet la collecte, l’analyse et la transmission de données et l’émission d’alerte.

Jusqu’à présent en phase expérimentale et limitée à 5 pathologies (diabète, insuffisances cardiaques, respiratoires et rénales, prothèses cardiaques implantables), la télémédecine permet à un professionnel de santé d’interpréter à distance des données recueillies sur le lieu de vie du patient. Elle sera généralisée à l’ensemble des maladies chroniques.

Remboursement du dépistage du VIH sans ordonnance

La crise sanitaire actuelle due au virus Covid-19 a eu un impact sur de nombreuses maladies comme le VIH pour lequel le nombre de dépistage a baissé de 15% en 2020 par rapport à 2019. Pour pallier le phénomène, le PLFSS 2022 inclut le dépistage gratuit et sans ordonnance à compter du 1er janvier 2022. Aujourd'hui, il faut débourser entre 17 et 25€ pour se faire dépister.

Paris et la région Provence-Alpes-Côte d'Azur expérimentent déjà le dispositif depuis 2 ans. Baptisée "Au labo sans ordo", l'expérimentation est concluante et sera généralisée à l'ensemble du territoire. Actuellement, environ 173 000 Français sont porteurs du VIH et 24 000 l'ignoreraient.

Revalorisation de l'allocation de proche aidant

Le montant de l'allocation journalière du proche aidant (AJPA) sera revalorisé au niveau du Smic, soit 58€ nets par jour contre 43,89€ actuellement pour une personne vivant en couple et 52,13€ pour une personne seule.

L'AJPA indemnise les personnes qui interrompent leur activité professionnelle pour s'occuper d'un proche en situation de handicap ou de perte d'autonomie sévère. Actuellement, seuls les aidants qui assistent les personnes souffrant d'une dépendance ou d’un handicap classé de GIR1 à GIR3 sur la grille AGGIR, sont indemnisés. 

L'AJPA sera élargie à toutes les aidants de bénéficiaires de l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), ainsi qu'aux personnes qui prennent un congé pour s'occuper d'un enfant gravement malade. L'AJPA est versée dans la limite de 66 jours sur l'ensemble de la carrière professionnelle et de 22 jours par mois, pour une ou plusieurs personnes aidées.

Publié par Herve Labatut

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6 questions insolites autour de la mutuelle santé

Les contrats de complémentaire santé regorgent parfois de zones d’ombre. Entre médecine douce, chirurgie esthétique, vaccins de voyage ou encore assurances pour animaux, les internautes multiplient les recherches étonnantes pour comprendre ce que leur mutuelle peut réellement prendre en charge. Certaines questions peuvent sembler insolites… mais elles révèlent surtout une volonté de mieux comprendre les garanties, les exclusions et les limites des contrats de santé.  La chirurgie esthétique est-elle remboursée par la mutuelle ? C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes et les plus mal comprises. Les actes de confort ne sont pas remboursés Lorsqu’une opération est réalisée uniquement pour des raisons esthétiques, aucune prise en charge n’est prévue : augmentation mammaire esthétique  rhinoplastie de convenance  liposuccion  injections à visée cosmétique  lifting. Ni l’Assurance Maladie ni la mutuelle santé n’interviennent dans ce cas. La chirurgie esthétique est considérée comme un acte hors nomenclature. Cependant, si l'intervention relève de la chirurgie réparatrice (après un cancer, un accident, ou pour corriger un handicap fonctionnel), une prise en charge est possible par la Sécu et l’organisme de complémentaire santé. Qu’en est-il de la greffe de cheveux ? La greffe capillaire est généralement considérée comme un acte esthétique et reste donc exclue des remboursements. Toutefois, certaines situations médicales particulières peuvent ouvrir droit à une prise en charge dès lors que l’acte est prescrit par un médecin : brûlures  traumatisme  maladie entraînant une perte capillaire sévère. Bon à savoir : La Sécurité Sociale rembourse désormais les perruques médicales (de classe 1 et 2) à hauteur de 350 €. Pour les modèles de classe 2, ce montant s'intègre au dispositif 100 % Santé ou reste à charge zéro, garantissant un remboursement intégral par votre complémentaire santé si vous disposez d'un contrat de mutuelle responsable. Les vaccins pour voyager à l’étranger sont-ils remboursés ? De nombreux voyageurs découvrent au dernier moment que certains vaccins sont obligatoires ou fortement recommandés avant un départ à l’étranger. Les vaccins spécifiques aux voyages les plus fréquents incluent : Fièvre jaune : obligatoire pour entrer dans certains pays d'Afrique et d'Amérique du Sud (exigible avec un certificat international de vaccination) Hépatite A : recommandée pour presque tous les voyages dans des pays à l'hygiène précaire Typhoïde : conseillée pour les séjours dans des zones où l'hygiène alimentaire est limitée Choléra : indispensable dans les zones où l'accès à l'eau potable et à l'assainissement est limité Rage : recommandée pour les séjours prolongés, isolés ou en contact avec des animaux dans certaines régions (Asie, Afrique, Amérique latine). Encéphalite japonaise : recommandée pour les séjours prolongés en zone rurale en Asie du Sud et de l'Est. Méningite (méningocoques A, C, W, Y) : particulièrement recommandée pour certaines régions d'Afrique (ceinture de la méningite) ou pour des événements de masse (exemple pèlerinage à La Mecque) Ces dépenses liées à ces vaccins (produit et injection) restent à la charge du patient. De nombreuses mutuelles proposent un forfait prévention De plus en plus de complémentaires santé incluent des garanties dédiées à la prévention : vaccins non remboursés  pharmacie de voyage  consultations de médecine tropicale  bilans de santé. Ces forfaits prennent généralement la forme d’un montant annuel, doublé d’un remboursement plafonné par acte. Bon à savoir : votre mutuelle rembourse les soins à l’étranger dès lors qu’ils sont pris en charge par la Sécurité Sociale, et si votre séjour n’excède pas 3 mois. Au-delà, il est conseillé de souscrire une assurance santé internationale. Est-ce que l’hypnose est prise en charge par la mutuelle ? Ostéopathie, acupuncture, sophrologie, naturopathie ou encore hypnose : les médecines douces ou alternatives séduisent de plus en plus de Français. La Sécurité Sociale rembourse très peu ces pratiques En dehors de quelques actes réalisés par des médecins conventionnés, les thérapies parallèles ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie. S’agissant spécifiquement de l'hypnothérapie, la Sécurité sociale rembourse les séances si elles sont réalisées par un médecin conventionné (comme un psychiatre ou un généraliste) dans le cadre d'une consultation médicale. Dans ce cas précis, la prise en charge se fait à hauteur de 70 % du tarif de base. Votre mutuelle peut compenser le reste à charge. Les mutuelles ont développé des forfaits spécifiques Pour répondre à cette demande croissante de médecines douces, de nombreuses complémentaires santé proposent désormais un forfait annuel avec un remboursement par séance et un nombre limité de consultations. Les pratiques les plus souvent couvertes sont : l’ostéopathie  l’acupuncture  la chiropractie  la psychologie  l’hypnose  la sophrologie. Attention : pour être prise en charge par votre mutuelle, la médecine douce doit être clairement mentionnée dans les conditions générales du contrat. À défaut, vérifiez auprès de votre conseiller mutuelle. Peut-on cumuler 2 mutuelles santé pour être remboursé à 200 % ? Cette question étonne souvent, mais elle est très fréquente chez les internautes. En effet, pourquoi payer 2 fois une assurance à fonds perdus ? Avoir 2 mutuelles santé est parfaitement légal. Certaines personnes disposent d’une mutuelle d’entreprise obligatoire et d’une surcomplémentaire santé individuelle pour pallier les défaillances du premier contrat. D’autres bénéficient de la mutuelle de leur conjoint salarié en tant qu’ayant droit et d’une couverture spécifique pour certains frais, comme une surcomplémentaire dentaire. Le remboursement reste toutefois limité Le cumul de 2 contrats ne permet pas de gagner de l’argent sur les soins. La règle est simple : le remboursement total ne peut jamais dépasser les dépenses réellement engagées. Par exemple, si la consultation est facturée 100 euros, vous ne pourrez jamais être remboursé à 150 euros. Que se passe-t-il si je ne paie plus ma cotisation de mutuelle ? C’est une situation plus fréquente qu’on ne le pense, notamment dans un contexte d’inflation et de hausse des cotisations santé. L’assureur peut suspendre les garanties En cas d’impayé : l’assureur envoie une mise en demeure ; les garanties peuvent être suspendues ; puis le contrat peut être résilié. Pendant la suspension, les soins ne sont plus remboursés, même si le contrat n’est pas encore officiellement résilié. Les cotisations restent dues Beaucoup d’assurés pensent qu’il suffit d’arrêter de payer pour mettre fin au contrat. 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Assurance de prêt : levier d'optimisation budgétaire en 2026

Dans un contexte où le coût du crédit immobilier augmente en raison de la hausse des taux, chaque poste de dépense mérite d'être analysé avec attention. Si les emprunteurs se concentrent généralement sur le taux d'intérêt de leur financement, un autre élément peut fortement influencer le coût total de l'opération : l'assurance emprunteur. Longtemps perçue comme une formalité imposée par les établissements bancaires, l'assurance de prêt est désormais devenue un véritable outil d'optimisation financière. Grâce à l'ouverture du marché à la concurrence et aux évolutions législatives successives, les particuliers disposent aujourd'hui de nombreuses solutions pour alléger leurs mensualités et réduire le coût global de leur crédit immobilier. L'assurance emprunteur : un poste de dépense souvent sous-estimé Lors de la souscription d'un prêt immobilier, la majorité des futurs propriétaires portent leur attention sur le taux d'emprunt, la durée de remboursement ou encore le montant des mensualités. Pourtant, l'assurance emprunteur représente une part importante du budget consacré au financement, soit entre 20 % et 40 % du coût global d’un crédit immobilier. Selon le profil de l'emprunteur et les caractéristiques du crédit, son coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros sur la durée totale du prêt. Une protection indispensable pour la banque et l'emprunteur L'assurance emprunteur a pour vocation de prendre le relais du remboursement du crédit lorsqu'un événement grave empêche l'assuré d'honorer ses échéances. Les garanties d’assurance de prêt immobilier couvrent : le décès  la perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA)  l'incapacité temporaire totale de travail (ITT)  l'invalidité permanente partielle ou totale (IPP/IPT)  parfois la perte d'emploi selon les contrats. Cette couverture protège à la fois l'établissement prêteur, qui sécurise le remboursement des sommes prêtées, et l'emprunteur, ainsi que ses proches, face aux aléas de la vie. Un impact significatif sur le coût global du crédit Contrairement à une idée reçue, le coût de l’assurance de prêt est tout sauf négligeable. Il représente même le deuxième poste de dépense après les intérêts d’emprunt. Plusieurs critères influencent le montant des cotisations : l'âge de l'emprunteur  son état de santé  son statut de fumeur ou de non-fumeur  sa profession  ses activités sportives  le montant emprunté  la durée du prêt. Ainsi, deux emprunteurs bénéficiant du même crédit immobilier peuvent supporter des coûts d'assurance très différents. Pourquoi les contrats bancaires ne sont pas toujours les plus avantageux ? Les banques proposent systématiquement leur propre contrat d'assurance de groupe lors de la signature du prêt immobilier. Ce modèle est rarement le plus compétitif. Le fonctionnement des contrats groupe Les contrats collectifs proposés par les établissements bancaires reposent sur un principe de mutualisation des risques. Concrètement, les cotisations sont calculées sur une population très large d'assurés présentant des profils variés : jeunes et seniors  fumeurs et non-fumeurs  salariés et travailleurs indépendants  personnes présentant ou non des risques de santé particuliers. Cette mutualisation simplifie la gestion du contrat, mais elle peut pénaliser certains emprunteurs dont le profil présente un risque faible. Des profils qui surcotisent  Les jeunes actifs, les cadres, les non-fumeurs ou encore les personnes en excellente santé figurent parmi les emprunteurs qui peuvent être désavantagés par les contrats groupe. Leur niveau réel de risque étant inférieur à la moyenne, ils ont souvent intérêt à se tourner vers une assurance individuelle dont la tarification est personnalisée. Dans de nombreux cas, cette démarche permet d'obtenir : des cotisations moins élevées  des garanties plus adaptées  une couverture mieux calibrée à la situation personnelle de l'assuré. L'ouverture du marché qui renforce la concurrence en assurance emprunteur Le législateur a progressivement mis en place plusieurs réformes destinées à favoriser la concurrence dans le secteur de l'assurance emprunteur. Ces évolutions ont profondément modifié les habitudes des emprunteurs. La délégation d'assurance à la souscription du prêt Depuis 2010 et la loi Lagarde, il est possible de choisir un assureur différent de celui proposé par la banque, à condition que les garanties offertes présentent un niveau de protection équivalent. Cette possibilité, appelée délégation d'assurance emprunteur, permet de comparer plusieurs offres avant la signature du crédit et de sélectionner l’offre compétitive qui répond parfaitement à vos besoins. Les écarts tarifaires peuvent être particulièrement importants selon les profils. La loi Lemoine : un tournant majeur Entrée en vigueur en 2022, la loi Lemoine a marqué une nouvelle étape dans la libéralisation du marché. En vous permettant de résilier votre assurance de prêt immobilier à tout moment, vous pouvez changer d'assureur sans attendre une date anniversaire, afin de bénéficier plus facilement de la concurrence et de rechercher des garanties mieux adaptées à votre situation. Cette souplesse a considérablement simplifié les démarches de substitution d'assurance. Comment optimiser le coût de son assurance de prêt en 2026 ? Face à la multiplication des offres disponibles, vous disposez aujourd'hui de plusieurs leviers pour réduire le coût de votre contrat. Réaliser une simulation personnalisée La première étape consiste à effectuer une simulation d'assurance emprunteur. Cette démarche permet d'obtenir rapidement une estimation des tarifs proposés par différents assureurs en fonction de critères tels que : l'âge  le montant du prêt  la durée de remboursement  la profession  le statut tabagique  les garanties souhaitées. Quelques minutes suffisent généralement pour visualiser les économies potentielles. Comparer les garanties avant le prix Si le tarif constitue un critère essentiel, il ne doit jamais être le seul élément de comparaison. Il est indispensable d'étudier avec attention : les exclusions de garantie  les délais de carence les franchises sur la garantie ITT les conditions d'indemnisation (remboursement forfaitaire ou indemnitaire) la définition de l'incapacité ou de l'invalidité. Une assurance moins chère mais moins protectrice pourrait s'avérer pénalisante en cas de sinistre. Attention : vous devez toujours sélectionner une assurance déléguée qui respecte l’équivalence de garanties avec le contrat groupe bancaire. À défaut, la banque va refuser de vous accorder la possibilité de souscrire une assurance externe en première intention ou dans le cadre d’une substitution. Quels gains espérer grâce à la concurrence ? Les économies réalisables varient selon chaque situation, mais elles peuvent être particulièrement importantes pour certains profils. Des milliers d'euros économisés sur la durée du prêt Une assurance de groupe peut être jusqu’à 4 fois plus chère qu’une offre individuelle. Pour un crédit immobilier de longue durée, l'écart entre un contrat bancaire et une assurance externe peut atteindre plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros. Les gains sont souvent plus importants pour : les emprunteurs jeunes  les non-fumeurs  les cadres  les professions présentant peu de risques  les personnes ne présentant pas de problème de santé particulier. Prenons un emprunteur de 35 ans, résidant à Lyon, salarié non cadre, non-fumeur et sans antécédent de santé, qui contracte un prêt de 250 000 € sur 20 ans :    Taux assurance Coût mensuel Coût total Assurance bancaire 0,34 %* 71 € 17 000 € Assurance déléguée 0,09 % 18 € 4 517 € *Taux moyen assurance chez les bancassureurs Grâce à une simulation sur le comparateur Magnolia.fr, la meilleure offre externe est le contrat emprunteur Spiti CRD, qui permet une économie de plus de 12 000 € sur la durée du crédit. Une meilleure adéquation entre coût et couverture Au-delà de la seule économie financière, le changement d'assurance de prêt immobilier permet également de bénéficier d'une protection plus cohérente avec sa situation personnelle. L'objectif n'est pas seulement de payer moins cher, mais aussi de disposer d'un contrat offrant des garanties réellement adaptées à ses besoins. Assurance emprunteur : un levier d'économies à ne pas négliger En 2026, l'assurance de prêt s'impose plus que jamais comme un élément stratégique dans la gestion d'un projet immobilier. Alors que le coût du crédit reste élevé et que les ménages cherchent à préserver leur pouvoir d'achat, la mise en concurrence des assureurs constitue une solution efficace pour réduire les dépenses liées à l'emprunt. Grâce aux dispositifs de résiliation simplifiés et à la forte digitalisation du marché, comparer les offres n'a jamais été aussi facile. Une simple étude des contrats disponibles peut permettre de réaliser des économies substantielles tout en

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Santé : qu'est-ce que le forfait hors parcours de soins de 10,60 € ?

Vous avez consulté un médecin sans passer par votre médecin traitant et vous constatez un remboursement bien plus faible que d'habitude ? Cette différence s'explique en grande partie par le forfait hors parcours de soins de 10,60 €, une pénalité financière appliquée par la Sécurité Sociale. Voici tout ce que vous devez savoir pour comprendre son fonctionnement et en limiter l'impact sur votre budget santé. Qu'est-ce que le parcours de soins coordonnés ? Le parcours de soins coordonnés est un système mis en place par l'Assurance Maladie en 2005 pour organiser et rationaliser le recours aux soins. Son principe repose sur un acteur central : le médecin traitant. Le rôle du médecin traitant Le médecin traitant est le professionnel de santé que vous déclarez auprès de votre caisse d'Assurance Maladie. Il constitue votre interlocuteur de premier recours pour toute consultation, et c'est lui qui, si nécessaire, vous oriente vers un médecin spécialiste. En passant systématiquement par lui, vous restez dans le parcours de soins coordonnés et bénéficiez de conditions de remboursement optimales. Pourquoi ce système existe-t-il ? Ce dispositif vise à :  éviter le recours direct et non coordonné aux spécialistes optimiser les dépenses de santé à l'échelle nationale assurer un suivi médical cohérent pour chaque patient.  En contrepartie du respect de ce parcours, la Sécurité Sociale garantit un taux de remboursement standard. Si vous en sortez, des pénalités s'appliquent. Le forfait de 10,60 € : définition et fonctionnement Une pénalité financière, pas un tarif Le montant de 10,60 € ne correspond pas à un tarif de consultation supplémentaire. Il s'agit d'une retenue forfaitaire appliquée directement sur le remboursement de votre consultation par la Sécurité Sociale, dès lors que vous consultez un médecin hors du parcours de soins coordonnés, c'est-à-dire sans prescription ou orientation préalable de votre médecin traitant.  Ce forfait s’ajoute à la participation forfaitaire de 2 €, applicable sur les consultations, les examens de radiologie et les analyses biologiques, et jamais remboursée par les mutuelles santé dites responsables (lire plus bas). Quand cette pénalité s'applique-t-elle ? Ce forfait est déclenché dans les situations suivantes : Vous consultez un médecin spécialiste directement, sans y avoir été adressé par votre médecin traitant. Vous n'avez pas déclaré de médecin traitant auprès de l'Assurance Maladie. Votre médecin traitant vous a adressé à un spécialiste, mais vous en consultez un autre que celui indiqué. Impact concret sur votre remboursement Pour bien mesurer les conséquences financières de cette pénalité, prenons l'exemple d'une consultation chez un médecin généraliste de secteur 1, dont le tarif conventionnel de base est de 30 €.   Dans le parcours de soins coordonnés Hors parcours de soins coordonnés Base de remboursement 30 € 30 € Taux de prise en charge (70 %) 21 € 21 € Pénalité hors parcours - -10,60 € Participation forfaitaire 2 € 2 € Remboursement Sécurité Sociale  19 € 8,40 € Reste à charge avant mutuelle 11 € 21,60 € La différence est significative : votre reste à charge double presque par rapport à une consultation dans le parcours de soins. Quel impact sur votre mutuelle ? Les mutuelles responsables ne couvrent pas cette pénalité La grande majorité des contrats de complémentaire santé sont des mutuelles responsables. Pour bénéficier d'avantages fiscaux, ces mutuelles doivent respecter un cahier des charges strict imposé par l'État, qui leur interdit de rembourser le forfait de 10,60 €, la participation de 2 € et les franchises médicales. Cela signifie que même avec une bonne mutuelle, vous supporterez intégralement cette pénalité. Votre reste à charge final peut donc être sensiblement plus élevé qu'anticipé, si vous ne respectez pas le parcours de soins coordonnés. Ce que votre mutuelle peut prendre en charge En revanche, votre complémentaire santé responsable peut couvrir : Le ticket modérateur (la différence entre le tarif conventionné et la prise en charge de la Sécu) Le forfait journalier hospitalier, quel que soit le nombre de jours Les éventuels dépassements d'honoraires, selon le niveau de garantie souscrit La solution du contrat non responsable Si vous souhaitez vous affranchir des contraintes réglementaires du contrat responsable, vous pouvez opter pour une mutuelle non responsable. Selon la formule, les participations forfaitaires et autres pénalités financières peuvent être remboursées, ce qui réduit votre reste à charge.  Utilisez un comparateur de mutuelle santé pour identifier en quelques clics les offres responsables et non responsables. Demandez ensuite des devis personnalisés pour bien appréhender l’étendue des garanties proposées. Quand peut-on consulter hors parcours de soins coordonnés sans pénalité ? Le système prévoit plusieurs exceptions importantes. Certains professionnels de santé peuvent être consultés directement, sans passer par le médecin traitant, sans que le forfait de 10,60 € ne s'applique. Les spécialistes en accès direct Gynécologue : pour le suivi gynécologique courant et obstétrique Ophtalmologue : pour un bilan visuel ou un renouvellement d'ordonnance Stomatologue (dentiste spécialisé en chirurgie buccale) : dans certaines situations Psychiatre ou neuropsychiatre : pour les patients de moins de 26 ans notamment Les autres situations exonérées La pénalité ne s'applique pas non plus dans les cas suivants : Urgences médicales justifiant une consultation immédiate Consultations lors de déplacements hors de votre lieu de résidence habituelle Patients éloignés géographiquement de tout médecin traitant disponible Femmes enceintes pour leur suivi de grossesse Comment éviter le forfait hors parcours de soins ? Déclarez un médecin traitant Si vous n'en avez pas encore, la première étape est de choisir un médecin généraliste et de le déclarer sur votre espace Ameli. Cette démarche est gratuite et simple à effectuer en ligne. Respectez le circuit de soins Avant de consulter un spécialiste, demandez toujours à votre médecin traitant : Un avis sur la nécessité de consulter Une lettre d'adressage vers le bon spécialiste Vérifiez les exceptions avant de prendre rendez-vous Si vous souhaitez consulter un spécialiste, vérifiez que votre consultation entre bien dans le cadre des accès directs autorisés (gynécologue, un ophtalmologue ou un stomatologue). En cas de doute, un appel à votre caisse d'Assurance Maladie suffit à clarifier la situation.