L'épargne "Covid" va profiter à l'immobilier ?

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Les Français ont épargné 110 milliards d'euros en 2020, une épargne forcée due à la crise sanitaire et à l'impossibilité de consommer. Que souhaitent-ils faire de ces sommes accumulées l'an dernier, auxquelles s'ajoutent celles de cette année ? Selon un sondage de l'Ifop pour le courtier Cafpi, l'immobilier est cité en premier pour plus d'un quart des épargnants français, au grand dam du gouvernement qui souhaiterait que l'épargne soit davantage mobilisée à la reprise économique. Toutefois, les prix trop élevés demeurent de loin le frein le plus contraignant à l'accession pour une majorité d'entre eux.

Mobilisation de l'épargne : enjeu de la reprise

Malgré la crise sanitaire et économique, les Français rêvent d'immobilier et l'épargne amassée ces derniers mois pourrait grandement les y aider. Un sondage réalisé en mars 2021 pour le courtier en crédit Cafpi nous révèle que 28% des épargnants les mieux dotés citent en premier l'immobilier quand on leur demande quel projet ils financeraient avec leur surplus d'épargne, avant les projets à court terme (achat d'une voiture, d'un voyage..., soit 23%) ou les imprévus du quotidien (22%).

Ce ne sont pas moins de 110 milliards d'euros que les ménages français ont accumulés en 2020 (chiffres de la Banque de France). Ajoutons les quelque 55 milliards d’€ épargnés en 2021 et voilà une manne colossale que le gouvernement souhaiterait orienter vers d'économie réelle, c'est-à-dire le financement des PME

Pour le moment, l'État n'envisage pas de taxer cette épargne due au contexte particulier. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a exclu la possibilité d'une contribution unique des plus riches, rappelant qu'une surtaxe des plus hauts revenus existe depuis 2012. Plusieurs élus évoquent néanmoins la possibilité d'une action plus radicale pour que soient utilisées ces sommes, aujourd'hui inutiles car dormant sur des livrets réglementés ou des comptes courants, notamment par le biais de la fiscalité comme cela a pu être fait après la crise financière de 2008. Selon le sondage Ifop, une partie des épargnants a visiblement d'autres envies.

En 2020, les Français ont déposé 35 milliards d'euros sur leurs livrets A, soit 50€/mois, un record depuis 2012.

Immobilier : réservé aux plus grands épargnants

Qui sont ces épargnants ? Parmi les sondés, 80% détiennent au moins un produit d'épargne. Interrogés sur l'évolution de leurs comportements liés à l'épargne au cours des 12 derniers mois, 25% déclarent avoir pu épargner plus que les années précédentes et parmi eux, 36% de cadres gagnant plus de 3 000€ par mois (35% touchent plus de 4 000€ et 31% entre 3 000 et 4 000€). 35% ont épargné autant qu'au cours des années passées (42% dans la tranche 50-65 ans, 46% de retraités et 43% d'actifs gagnant entre 2 000€ et moins de 3 000€/mois). Les 40% restants ont moins épargné en 2020 : ce sont essentiellement des locataires de leur logement, déclarant moins de 1 000€ de revenus nets par mois, les familles avec 3 enfants et plus, ou des artisans et commerçants.

Dans le détail, ceux qui ont le plus épargné durant la crise sanitaire ne représentent que 25% des personnes détentrices d'au moins un produit de placement et 20% de l'ensemble des sondés. 42% d'entre eux citent l'immobilier dans leurs projets d'utilisation du surplus d'épargne (28% en première intention, 32% des primo-accédants), après le financement d'un projet à court terme (53%) et faire face aux imprévus (51%). La préparation de la retraite est citée par 33% des sondés, et pour seulement 14% en première intention.

Les conditions d'obtention d'un crédit immobilier en 2021

Les ménages qui ont accumulé le plus d’épargne sont donc en majorité des foyers aisés ayant les moyens financiers d'investir et de profiter des conditions d'emprunt particulièrement favorables. Le sondage s'est également intéressé au contexte d'octroi des crédits immobiliers au travers de plusieurs affirmations, vraies ou fausses. La plupart des caractéristiques liées aux prêts immobiliers sont bien identifiées :

  • l'assurance emprunteur garantit la prise en charge de tout ou partie du crédit en cas de survenance de certains évènements (décès, invalidité, incapacité) pour 86% des sondés ;
  • les mensualités de remboursement ne doivent pas excéder 35% des revenus nets de l'emprunteur (79%);
  • il est possible de déléguer l'assurance de prêt (79%) ;
  • le TAEG (Taux Annuel Effectif Global) représente le coût total du crédit immobilier (69%) ;
  • le taux moyen d'un prêt sur 25 ans est de 1,35% (65%).

En revanche, 52% pensent que la banque prêteuse peut exiger la domiciliation des revenus chez elle. Un même pourcentage estime qu'il est possible d'emprunter sur une durée supérieure à 27 ans. Pour mémoire, les règles d'octroi édictées par le régulateur pour l'année 2021 fixe à 27 ans (25 ans + 2 ans de différé) la limite de la durée de remboursement pour les financements dans le neuf (vente en VEFA ou maison individuelle). Pour les autres projets d'achat immobilier, la durée des prêts ne doit pas excéder 25 ans.

Principaux freins à l'accession à la propriété

Par rapport au sondage réalisé en mars 2020, les Français estiment que les conditions d'obtention d'un crédit immobilier sont devenues plus difficiles en 2021. Les freins à l'accession les plus cités sont les suivants :

  • les prix des logements trop chers (58%),
  • la difficulté à trouver un financement auprès d'une banque (36%),
  • le manque de confiance en l'avenir (31%),
  • les frais liés à l'acquisition comme les frais de notaire ou de garantie (28%).

Seuls 35% des 25-65 ans considèrent qu'il est aujourd'hui facile de devenir propriétaire de son logement, soit 7 points de moins par rapport à mars 2020, un constat qu'on peut attribuer au durcissement des conditions d'octroi, malgré un léger assouplissement depuis janvier 2021. 44% des 25-65 ans envisagent de devenir propriétaires à l'horizon de 5 ans, dont 34% d’acheter une résidence principale (2 points de plus qu'en 2020). Les futurs propriétaires sont principalement les 25-34 ans (67%), les cadres (61%) et les Franciliens (59%).

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