Crédit immobilier : plus de 20% des emprunteurs renégocient leur prêt

negociation taux emprunt immobilier

Les taux d'intérêt des crédits immobiliers ont bondi de près de 50 points de base depuis fin 2021, de quoi inciter certains emprunteurs à renégocier leur prêt avant de futures dégradations. Le phénomène a pris graduellement de l'ampleur pour concerner désormais un emprunteur sur cinq. L'occasion nous est donnée d'aborder plus en détails la renégociation et le rachat de crédit immobilier, deux composantes d'une même démarche.

Reprise des renégociations de crédits immobiliers

En ce début 2022, les emprunteurs ont bien intégré la remontée des taux d'intérêt et compris qu'il était temps de réviser les conditions de leur crédit immobilier pour profiter de valeurs encore faibles avant un probable ajustement beaucoup plus appuyé. Selon le dernier rapport de la Banque de France publié le 1er avril, les renégociations de crédits représentaient 21,1% du montant des nouveaux prêts à l'habitat sur les mois de janvier et février 2022.

On est encore loin des volumes observés au début de l'année 2017 où la part des renégociations atteignait près de 60% de la production. Le phénomène s’était ralenti ensuite, avant qu'il ne s'intensifie en avril 2020 où les renégociations représentaient près de 48% des crédits immobiliers.

Les réserves d'emprunteurs potentiellement concernés par le rachat ou la renégociation de crédit immobilier s'étant taries, le mouvement était peu significatif en septembre 2020 (13%), mais au fil des mois il est monté doucement, passant de 17% en juin 2021 à plus de 19% en octobre 2021. 

Les données de la Banque de France s'inscrivent dans un contexte de taux toujours au plancher, toutefois, la hausse marquée des taux d'intérêt en mars et en ce début avril pourrait accélérer les demandes de la part d'emprunteurs soucieux de profiter des dernières performances avant une envolée des valeurs. Le taux moyen sur 20 ans oscille actuellement autour de 1,40% alors qu'il était tombé à 1,00% à l'automne dernier.

Et la météo devrait malheureusement se dégrader dans les prochaines semaines avec les risques que la guerre en Ukraine fait peser sur les marchés monétaires. Selon les professionnels, le taux sur 20 ans devrait rapidement atteindre 1,5%, hors assurance emprunteur. Avec une inflation à 4,5% en mars dernier et un rendement de l'emprunt obligataire en nette progression (OAT 10 ans à plus de 1% depuis fin mars), les banques n'ont d'autre choix que d'ajuster leurs barèmes de taux à la hausse.

Renégociation ou rachat de crédit immobilier ?

Quand vous souhaitez réviser le taux de votre emprunt, vous avez deux options : la renégociation ou le rachat, deux réalités différentes pour une finalité identique. La renégociation concerne uniquement les opérations réalisées en interne, auprès de la banque où le prêt a été souscrit. Le rachat fait appel à un établissement concurrent et consiste à solder le crédit en cours pour en souscrire un nouveau à de nouvelles conditions.

Si la renégociation semble plus simple sur le papier, puisqu'elle n'implique pas de changer de banque, elle est rarement concluante, car le prêteur va diminuer sa marge en accordant un taux plus faible, à moins d'être un client premium et d'accepter de souscrire à d'autres produits comme une assurance ou un placement financier. S'il y concède, le taux sera moins intéressant que celui proposé par la concurrence, l'acceptation est alors formalisée par simple avenant au contrat.

Une astuce pour convaincre le banquier : lui présenter les offres des établissements concurrents. En refusant, il perd un client sur le long terme. Et si la réussite ne vous sourit pas, il faudra engager une demande de rachat de crédit immobilier. La démarche a un coût, car elle engendre plusieurs frais :

  • les pénalités de remboursement anticipé à la première banque : les IRA sont réglementées et plafonnées à 6 mois d'intérêts dans la limite de 3% du capital restant dû.
  • les frais de dossier : incompressibles dans toute demande de nouveau prêt ;
  • les frais de nouvelle garantie : mainlevée d'hypothèque et prise de nouvelle hypothèque, ou nouvelle caution que vous pouvez en partie financer par la réversion des 75% du fonds de garantie si l'organisme de cautionnement est Crédit Logement.

Pour que l'opération de rachat soit intéressante financièrement, elle doit compenser les frais et générer un gain. L'objectif d'un rachat ou d'une renégociation de prêt immobilier peut avoir l'une ou l'autre de ces orientations :

  • diminuer votre mensualité de crédit en conservant la même durée de remboursement ;
  • réduire la durée d'endettement en maintenant une mensualité identique.

La seconde option est celle qui dégage les économies les plus importantes, le risque pour le prêteur se réduisant d'autant plus que le crédit est remboursé plus tôt. Si vos revenus n'ont pas bougé ou se sont améliorés, elle est à privilégier.

Terminons par ces informations fondamentales qui justifient pleinement un rachat ou une renégociation de crédit immobilier. Les 3 règles suivantes doivent être cumulées :

  1. le différentiel entre les deux taux doit se situer entre 70 et 100 points de base : si vous avez souscrit un emprunt au taux de 2,5% (hors assurance et coût des sûretés), le nouveau taux doit titrer au moins 1,7%.
  2. le prêt doit être dans le premier tiers de remboursement : dans les premières années du prêt, les mensualités sont constituées en grande partie des intérêts, dont la part diminue au fil de l'amortissement du capital.
  3. le capital restant dû doit atteindre au moins 50 000€.

Si vous êtes de ceux qui ont contracté un crédit immobilier avant janvier 2016, il est encore temps de renégocier. Faites une simulation en ligne sur les sites des courtiers pour affirmer ou infirmer la faisabilité de l'opération et estimer le gain potentiel.

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Le délai commence à courir à partir de la réception de la proposition d’assurance. Pendant cette période, celle-ci ne peut pas être modifiée. Si l’emprunteur souhaite conclure plus rapidement, il peut accepter avant la fin du délai, à condition d’en faire expressément la demande. Quels crédits conso sont concernés ? La nouvelle réglementation s’applique aux crédits à la consommation suivants : Les prêts personnels Les crédits auto Les crédits destinés à financer des travaux Les crédits renouvelables. Peut-on choisir librement son assurance de crédit à la consommation ? L’assurance emprunteur n’est pas obligatoire pour obtenir un prêt conso. Toutefois, un établissement prêteur peut conditionner l’octroi du financement à la souscription d’une couverture. Même dans ce cas, le consommateur n’est pas tenu d’accepter le contrat proposé par l’organisme de crédit. 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Taxe émeutes : +0,8% sur les contrats d'assurance dès janvier 2027

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Les dégradations de véhicules, les incendies de bâtiments et les destructions de commerces représentent des sommes importantes, difficiles à absorber pour les assureurs lorsque les sinistres se multiplient. Pour mémoire, le projet de loi de finances 2026 avait prévu de rendre obligatoire une garantie émeutes de 5 % dans les contrats d’assurance dommages, finalement plafonnée à 1,5 % avant d’être abandonnée par les parlementaires. Les dégradations considérables des 17 et 24 octobre derniers ont ravivé l’idée, avec un taux bien inférieur, soit 0,8%. Le futur dispositif doit permettre de répartir une partie de ce risque à l’échelle nationale, plutôt que de faire reposer l’ensemble du coût sur les assureurs et les collectivités directement touchés. Les principaux objectifs sont les suivants : Financer l’indemnisation des dommages matériels importants liés aux émeutes et aux violences urbaines ; Mutualiser les risques entre les assurés, grâce à une contribution prélevée sur plusieurs catégories de contrats ; Protéger les assureurs contre les conséquences financières d’événements particulièrement coûteux ; Soutenir les collectivités locales, qui peuvent également subir des dégradations importantes lors de ces épisodes de violence. Quels contrats d’assurance seront concernés par la taxe émeutes ? La contribution de 0,8 % va concerner les contrats d’assurance dommages couvrant les biens des particuliers et des professionnels. Trois grandes catégories sont visées : L’assurance auto : les contrats couvrant les dommages subis par les véhicules ; L’assurance habitation : les garanties portant sur les logements et les biens assurés ; L’assurance multirisque professionnelle : les contrats protégeant notamment les locaux commerciaux, les équipements et les biens des entreprises. Le dispositif concerne également les biens assurés des collectivités locales. Les risques agricoles sont exclus du périmètre annoncé. Toutes les assurances ne sont donc pas touchées par cette nouvelle taxe, notamment les assurances de personnes comme l’assurance emprunteur. Cette contribution ne doit pas être confondue avec une garantie individuelle supplémentaire que chaque assuré pourrait choisir de souscrire. Elle s’inscrit dans un mécanisme collectif de financement des conséquences des émeutes. Taxe émeutes de 0,8 % : quel impact sur le prix des assurances ? La nouvelle contribution va mécaniquement se répercuter sur les cotisations d’assurance dès 2027. Son incidence financière dépendra notamment de la manière dont les assureurs vont intégrer ce prélèvement dans leurs tarifs. Si vous payez une prime annuelle de 500 € pour votre assurance, celle-ci peut théoriquement grimper à 504 €.  Mais une hausse de 0,8 % de la prime ne signifie pas nécessairement une augmentation de 0,8 % de la facture totale. Le montant effectivement payé dépendra des modalités définitives du prélèvement et de son éventuelle répercussion commerciale par l’assureur. Les assurances auto et habitation vont subir une hausse de tarifs en 2027, indépendamment de cette taxe additionnelle. Il sera donc difficile d’attribuer une augmentation globale de cotisation à la seule taxe émeutes. Un fonds de mutualisation doté de 400 millions d’euros par an La contribution doit alimenter un fonds national destiné à prendre en charge les conséquences financières des émeutes les plus coûteuses. Les recettes attendues sont estimées à environ 400 millions d’euros par an. Le fonctionnement envisagé repose sur plusieurs principes : Les assureurs continuent d'indemniser les sinistres conformément aux garanties applicables. Le fonds intervient dans le cadre défini par les textes pour mutualiser les conséquences des épisodes de violences urbaines les plus importants. L’État apporte une garantie financière plafonnée à 4 milliards d’euros, afin de renforcer la capacité du dispositif à faire face à des dommages exceptionnels. Pour déclencher l'utilisation du fonds d'indemnisation lié à la taxe émeutes prévue dès 2027, les dégâts doivent atteindre l'un des seuils suivants :  700 000 euros de sinistres assurés au total ; 300 000 euros de dégâts sur des bâtiments publics ; ou au moins trente sinistres individuels supérieurs à 10 000 euros chacun. Attention : les dégâts causés par les émeutes des 17 et 24 octobre 2026 ne pourront pas être pris en charge par la nouvelle taxe émeutes de 0,8 % car ce dispositif n'est pas rétroactif. Quand la taxe émeutes doit-t-elle entrer en vigueur ? L'entrée en vigueur de la contribution est prévue au 1er janvier 2027. Toutefois, à la fin du mois d'octobre 2026, les modalités réglementaires doivent encore être finalisées. Le dispositif (intégré dans le cadre du budget 2026) attend encore la validation définitive des textes réglementaires et du Conseil d'État avant sa publication au Journal officiel. Deux projets de décrets et deux projets d'arrêtés ont été soumis mi-octobre au Comité consultatif de la législation et de la réglementation financières (CCLRF). Leur examen doit notamment permettre de préciser les conditions pratiques de sa mise en œuvre. Les assurés devront donc surveiller les informations communiquées par leur compagnie d'assurance à l'approche de 2027 pour connaître les conséquences concrètes sur leurs contrats.

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Exclusions de garantie en assurance emprunteur : une nouvelle décision de justice

Un refus d’indemnisation en assurance emprunteur peut fragiliser la situation financière d’un propriétaire déjà confronté à un arrêt de travail ou à une invalidité. Le 17 septembre 2026, la Cour de cassation a rendu une décision qui modifie les possibilités de contestation de certaines exclusions de garantie. Désormais, une clause imprécise ne suffit plus à remettre automatiquement en cause toutes les exclusions qui y figurent. Les emprunteurs conservent néanmoins des moyens d’action pour défendre leurs droits. Exclusions de garantie : ce que change la décision de justice Les clauses d'exclusion des contrats d’assurance définissent les circonstances dans lesquelles l’assureur peut refuser sa prise en charge, même si l’assuré est victime d’un sinistre. Jusqu’à récemment, la jurisprudence permettait de contester une exclusion claire en invoquant l’imprécision d’une autre exclusion intégrée à la même clause. Cette approche pouvait conduire à écarter l’ensemble de la clause contractuelle. Dans un arrêt du 17 septembre 2026 (Cass. 2e civ., n° 25-12.441), la Cour de cassation a abandonné cette interprétation. L’affaire concernait un refus d’indemnisation d’une assurance professionnelle dans le cadre de la fermeture administrative d’un restaurant durant la crise sanitaire du Covid-19. L’assureur invoquait l’exclusion des pertes dans un contexte épidémique. L’assuré s’appuyait sur l’imprécision de la clause qui devait, selon lui, la rendre inapplicable. La justice considère désormais que chaque exclusion doit être examinée séparément. Une formulation imprécise ne rend donc plus automatiquement inapplicables les autres exclusions de la même clause lorsqu’elles sont suffisamment claires. Cette décision réduit les possibilités de contestation fondées sur une irrégularité concernant une exclusion distincte de celle invoquée par l’assureur. Elle vise à préserver l’équilibre économique des contrats. Elle ne signifie toutefois pas que toutes les exclusions sont valables. Une exclusion de garantie doit toujours être précise La nouvelle jurisprudence concerne tous les contrats d’assurance, notamment l’assurance emprunteur.  Les contrats emprunteurs prévoient des garanties en cas de décès, de perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA), d’invalidité ou d’incapacité temporaire de travail (ITT). Toutefois, leur application dépend des conditions du contrat et des éventuelles exclusions de garanties d’assurance emprunteur. L’article L. 113-1 du Code des assurances impose que les exclusions de garantie soient formelles et limitées. En pratique, leur rédaction doit permettre à l’assuré d’identifier précisément les situations dans lesquelles il ne sera pas couvert. Une clause générale, ambiguë ou trop vague peut donc toujours être contestée si elle ne permet pas de délimiter clairement le champ de l’exclusion opposée. En assurance emprunteur, cette exigence est particulièrement importante pour les garanties liées à l’incapacité de travail et à l’invalidité. Certaines clauses peuvent notamment concerner les affections psychiques ou les pathologies du dos. Dans un arrêt du 2 avril 2009 (Cass. 2e civ., n° 08-12.587), la Cour de cassation avait ainsi examiné une exclusion visant les « troubles psychiques ». La formulation avait été jugée insuffisamment précise pour déterminer les situations réellement exclues de la couverture. Cette jurisprudence illustre un principe qui reste applicable : un assureur ne peut pas s’appuyer sur une exclusion imprécise pour justifier automatiquement un refus d’indemnisation.  En revanche, depuis le revirement de septembre 2026, chaque exclusion doit être appréhendée séparément. Si la pathologie dont souffre l’assuré est clairement mentionnée dans la clause d'exclusion, peu importe qu’un autre motif de la même clause soit ambigu. L’assureur est dans son bon droit de refuser l’indemnisation. Quels recours en cas de refus d’indemnisation en assurance emprunteur ? En cas de refus d’indemnisation d’un sinistre en assurance de prêt, l’emprunteur dispose de plusieurs recours : 1. Vérifier le contrat Relisez les conditions générales et particulières pour vérifier : la présence de l’exclusion invoquée ; la précision de sa formulation ; son application réelle aux circonstances du sinistre ; le respect des conditions de prise en charge. 2. Contester le refus par écrit Adressez une réclamation à l’assureur, de préférence par courrier recommandé avec accusé de réception. Expliquez pourquoi le refus vous semble injustifié et joignez les justificatifs utiles. Vous pouvez également demander des précisions sur les motifs de la décision. 3. Saisir le médiateur de l’assurance Si la réclamation échoue, vous pouvez solliciter le médiateur compétent en assurance emprunteur, sous réserve de respecter les conditions de saisine. Cette démarche est gratuite et vise à trouver une solution amiable. 4. Engager une action en justice En dernier recours, vous pouvez saisir la juridiction compétente. Le juge examinera le contrat, l’exclusion invoquée et les circonstances du sinistre. Depuis la récente décision de justice, il est essentiel de contester précisément la clause appliquée par l’assureur. Un avocat peut vous aider à évaluer vos chances de succès et à respecter les délais légaux.