Baisse du pouvoir d'achat en 2026 : plutôt qu'allonger votre prêt, optimisez votre assurance emprunteur
Face à la hausse des taux d’intérêts, aux prix immobiliers toujours élevés et au climat économique anxiogène, les ménages français ajustent leurs stratégies d'emprunt. Le premier trimestre 2026 marque un tournant : selon l'Observatoire Crédit Logement/CSA, la durée moyenne des prêts immobiliers atteint 252 mois, soit 21 ans — un niveau jamais enregistré jusqu'ici. Pour la moitié des financements, la durée se hisse à 25 ans ou plus, dans le trait du plafond réglementaire.
L'allongement de la durée de remboursement s'impose comme le levier d'adaptation pour maintenir des mensualités accessibles. Mais cette solution, efficace à court terme, alourdit mécaniquement le coût total du crédit. Il existe une autre option pour faire baisser le coût d’un crédit immobilier : la délégation d’assurance emprunteur.
Un prêt immobilier sur deux signé sur 25 ans ou plus
Des chiffres historiques au premier trimestre 2026
Les données publiées le 16 avril 2026 par l'Observatoire Crédit Logement/CSA sont sans ambiguïté :
49 % des prêts immobiliers accordés en mars 2026 portent sur une durée de 25 ans ou plus.
La durée moyenne a progressé de 6 mois en un an, atteignant 252 mois.
Plus de 81,7 % des crédits sont désormais contractés sur 20 ans ou davantage.
L'observatoire qualifie ces résultats de « niveaux les plus élevés jamais observés ». La part des prêts à 25 ans et plus avait culminé à 51,1 % en 2024, tandis que la tranche des 20-25 ans est passée de 27,9 % à 32,7 % sur la même période.
Répartition des durées de prêt en mars 2026
Durée du prêt
Part sur l’ensemble des crédits immo
Moins de 10 ans
0,9 %
De 10 à 15 ans
6,6 %
De 15 à moins de 20 ans
10,8 %
De 20 à moins de 25 ans
32,7 %
25 ans ou plus
49 %
Source : Observatoire Crédit Logement – CSA, mars 2026
Les prêts courts (moins de 15 ans) ne représentent plus que 7,5 % de la production, confirmant leur marginalisation progressive sur le marché.
Pour rappel, la durée maximale légale d’un prêt immobilier est de 25 ans, selon les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière. Elle peut toutefois aller jusqu’à 27 ans en cas de jouissance décalée du bien (achat en VEFA, achat dans l’ancien avec travaux dont le montant représente au moins 10% de l’opération).
Pourquoi les Français empruntent-ils sur des durées toujours plus longues ?
Une réponse directe à l'érosion du pouvoir d'achat immobilier
Plusieurs facteurs combinés contraignent les emprunteurs à étaler leur prêt immobilier sur de longues périodes :
Des taux d'intérêt encore élevés, qui amputent la capacité d'emprunt
Des prix immobiliers qui ne reculent pas, notamment dans les grandes agglomérations
Un environnement économique incertain, qui pousse les ménages à freiner leurs projets
Des critères d'octroi stricts, imposés par les règles du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF)
En allongeant la durée du prêt, l'emprunteur réduit ses mensualités et se maintient sous le plafond légal du taux d'endettement de 35 % (assurance emprunteur comprise), condition indispensable à l'obtention du financement.
Les banques contraintes de redoubler d'efforts
Habituellement, le printemps stimule les offres commerciales bancaires pour capter les projets immobiliers saisonniers. En 2026, les établissements de crédit ont dû aller plus loin face à un repli marqué de la demande. L'Observatoire Crédit Logement/CSA souligne que « les banques ont dû faire encore plus, face au repli de la demande de crédits, alors que les ménages freinent leurs projets dans le climat anxiogène actuel ».
Réduire le coût de son crédit autrement : la délégation d'assurance emprunteur
Une alternative souvent négligée à l'allongement de durée
Si étaler son prêt sur 25 ans permet de contenir les mensualités, cela augmente significativement la facture finale. Il existe pourtant un levier bien moins coûteux et trop souvent ignoré : la délégation d'assurance emprunteur. Cette démarche consiste à souscrire son assurance de prêt auprès d'un assureur externe plutôt qu'auprès de la banque prêteuse.
Les avantages sont concrets :
Des économies pouvant atteindre plusieurs milliers d'euros sur la durée totale du crédit
Des garanties équivalentes, voire supérieures, à celles proposées par l’assurance de groupe proposée par l’établissement bancaire
Une liberté de résiliation annuelle, garantie par la loi Lemoine depuis 2022, permettant de changer d'assurance de prêt immobilier à tout moment
Pour une mensualité autour de 1 070 €, la durée de remboursement d’un prêt immobilier de 200 000 € peut être réduite de 25 à 23 ans en négociant le taux d’assurance de 0,34 % à 0,10 % (profil jeune et sans risque spécifique) grâce à la délégation.
Ce que dit la loi Lemoine
Quand la délégation d’assurance se révèle difficile à mettre en place lors de la demande de financement, elle peut se faire dans un deuxième temps.
Depuis le 1er septembre 2022 (loi Lemoine), tout emprunteur peut résilier son contrat d'assurance emprunteur à tout moment et sans frais, à condition de présenter un contrat de substitution offrant des garanties au moins équivalentes. Cette réforme majeure a ouvert la concurrence sur un marché longtemps dominé par les bancassureurs, au bénéfice direct des ménages.
Les économies manquées initialement peuvent être réalisées a posteriori grâce à la loi Lemoine.
Accès à la propriété : une mutation structurelle du marché
Un endettement étalé sur plusieurs décennies
Le basculement vers des crédits longs traduit une transformation profonde du modèle d'accession à la propriété en France. Acheter un bien immobilier repose désormais davantage sur la capacité à s'engager financièrement sur le long terme que sur une épargne préalable solide. Ce changement emporte plusieurs conséquences directes :
Un coût total du crédit alourdi : plus la durée est longue, plus les intérêts versés sont importants.
Un endettement prolongé : les primo-accédants restent engagés bien au-delà de la cinquantaine.
Une sensibilité accrue aux fluctuations économiques sur toute la durée du remboursement.
Une tendance qui s'ancre durablement
La montée en puissance des prêts sur 25 ans ou plus — passés de valeurs marginales à près d'un crédit sur deux — signe une reconfiguration structurelle du marché, et non un simple effet conjoncturel. Tant que les prix immobiliers resteront à leurs niveaux actuels et que les taux ne baisseront pas significativement, l'allongement des durées continuera de constituer le principal mécanisme d'ajustement. Dans ce contexte, optimiser chaque poste de coût — à commencer par l'assurance emprunteur — devient une priorité pour tous les ménages qui empruntent.
Assurance emprunteur
17/04/2026