La pose d’un stent est une intervention courante en cardiologie, visant à maintenir une artère ouverte. Lorsqu’un projet immobilier se présente après cet événement, une question revient fréquemment : est-il possible d’obtenir un prêt immobilier et une assurance emprunteur après la pose d’un stent ?
Si la situation peut sembler complexe, avoir un stent ne signifie pas renoncer à un projet immobilier, des solutions existent, à condition d’anticiper, de comparer et de s’entourer des bons interlocuteurs.
Qu’est-ce qu’on entend par stent ?
Un stent est un dispositif médical de très petite taille, le plus souvent fabriqué en métal, qui prend la forme d’un mini-ressort ou d’un tube grillagé. Il est implanté à l’intérieur d’une artère afin de la maintenir ouverte durablement lorsque celle-ci est rétrécie ou obstruée.
La pose d’un stent intervient généralement lors d’une angioplastie, un acte de cardiologie interventionnelle réalisé après un examen des artères, comme une coronarographie. Le médecin introduit un petit ballonnet au niveau de la zone rétrécie et le gonfle afin d’écraser la plaque d’athérome responsable de l’obstruction. Le stent est ensuite déployé pour empêcher l’artère de se refermer et assurer une circulation sanguine fluide.
Les stents sont principalement utilisés pour traiter les maladies coronariennes, notamment l’angine de poitrine ou l’infarctus du myocarde, mais ils peuvent également être posés dans d’autres zones du corps, comme les artères des membres, les reins ou, plus rarement, le cerveau. Certains modèles sont dits actifs, car ils libèrent progressivement un médicament destiné à limiter le risque de re-sténose, c’est-à-dire une nouvelle obstruction de l’artère.
Grâce à cette intervention, de nombreux patients retrouvent une meilleure qualité de vie et voient leur risque de complications cardiovasculaires diminuer, à condition de bénéficier d’un suivi médical régulier et d’un traitement adapté.
Peut-on obtenir un prêt immobilier après la pose d’un stent ?
Avoir un stent n’empêche pas d’emprunter. L’enjeu principal consiste à obtenir une assurance de prêt conforme aux exigences de la banque.
Certes, la pose d’un stent améliore nettement la qualité de vie, mais elle révèle également l’existence d’une pathologie cardiovasculaire. Pour les assureurs, cela correspond à un risque aggravé de santé, susceptible d’augmenter la probabilité d’un arrêt de travail, d’une invalidité ou d’un décès pendant la durée du prêt. C’est cette analyse du risque qui peut compliquer, dans certains cas, l’accès à l’assurance emprunteur.
Prêt immobilier et stent : Comment trouver une assurance emprunteur ?
Pour accorder un crédit immobilier, la banque exige presque systématiquement la souscription d’une assurance de prêt immobilier. Selon le profil de l’emprunteur, cette démarche peut s’avérer plus ou moins simple.
Quelles décisions l’assureur peut-il prendre face à une demande d’assurance de prêt immobilier avec un stent ?
Lorsqu’un emprunteur ayant bénéficié de la pose d’un stent dépose une demande d’assurance dans le cadre d’un prêt immobilier, l’assureur procède à une analyse médicale approfondie du dossier. Cette étude vise à évaluer la situation de santé globale, la stabilité de la pathologie cardiovasculaire et les éléments transmis via le questionnaire de santé et les éventuels documents médicaux complémentaires.
À l’issue de cette étude, plusieurs décisions sont possibles :
- Une acceptation aux conditions standards, lorsque la pose du stent est ancienne, que le suivi cardiologique est régulier et que l’état de santé est jugé stable.
- Une acceptation avec surprime, destinée à compenser le risque médical évalué par l’assureur.
- Une acceptation avec exclusions de garantie, portant le plus souvent sur les conséquences directes de la pathologie cardiaque.
- Un refus d’assurance, lorsque le niveau de risque est considéré comme trop élevé au regard des critères de l’assureur.
Il faut aussi souligner que les pratiques varient fortement d’un assureur à l’autre. Certains organismes disposent de grilles d’acceptation plus souples et prennent davantage en compte l’évolution favorable de l’état de santé, tandis que d’autres appliquent des critères plus restrictifs. C’est pourquoi une réponse négative ou des conditions jugées contraignantes auprès d’un premier assureur ne signifient pas qu’aucune solution n’existe.
Cette diversité d’approches explique l’intérêt de ne pas se limiter à une seule offre et ouvre la voie à des alternatives permettant d’adapter l’assurance au profil médical de l’emprunteur.
Pourquoi recourir à la délégation d’assurance après la pose d’un stent pour un prêt immobilier ?
Grâce aux lois Lagarde, Hamon et plus récemment à la loi Lemoine, l’emprunteur peut choisir librement son assurance de prêt. La délégation d’assurance permet de souscrire un contrat auprès d’un assureur externe, différent de celui de la banque.
Cette solution est particulièrement avantageuse en cas de stent, car elle permet :
- d’accéder à des assureurs spécialisés dans les risques aggravés de santé ;
- de limiter les surprimes ;
- d’éviter certaines exclusions excessives ;
- de répondre aux exigences de la banque tout en maîtrisant le coût de l’assurance.
Dans de nombreux cas, la délégation d’assurance est la seule voie permettant de concrétiser le projet immobilier.
Comment la convention AERAS peut-elle aider les emprunteurs avec un stent pour un prêt immobilier ?
La convention AERAS a été créée pour aider les emprunteurs rencontrant des difficultés à s’assurer en raison de leur état de santé. Elle s’applique automatiquement dès lors qu’une demande d’assurance est refusée ou acceptée sous conditions jugées trop restrictives.
Concrètement, le dossier de l’emprunteur est examiné selon un processus en plusieurs niveaux successifs :
- Premier niveau : la demande est étudiée selon les critères classiques de l’assureur. Si le risque est jugé acceptable, une proposition d’assurance est formulée à ce stade.
- Deuxième niveau : en cas de refus ou de conditions insuffisantes, le dossier est réexaminé par un service médical spécialisé, disposant de grilles d’acceptation élargies pour les risques aggravés de santé.
- Troisième niveau : si aucune solution n’est trouvée, le dossier peut être transmis à un pool d’experts médicaux, chargé d’étudier les situations les plus complexes et de rechercher une couverture compatible avec le projet immobilier.
Sous réserve de respecter les conditions prévues par la convention (notamment en termes de montant assuré, d’âge et de durée du prêt), ce dispositif peut permettre à l’emprunteur d’accéder à une assurance de prêt immobilier malgré un stent.
Prêt immobilier : faut-il déclarer le stent lors de la souscription à une assurance emprunteur ?
Lors d’un projet de prêt immobilier, la pose d’un stent fait l’objet d’une attention particulière au moment de la constitution du dossier.
En pratique, lorsque l’emprunteur ne peut pas bénéficier des dispositifs dispensant de formalités médicales, il doit déclarer sa pathologie cardiaque ainsi que la pose du stent dans le cadre du questionnaire de santé.
Cette déclaration est généralement complétée par des informations médicales précises, parfois à fournir par le médecin traitant ou le cardiologue, telles que :
- la date de l’intervention ;
- la pathologie cardiaque initiale (infarctus, angine de poitrine, maladie coronarienne, etc.) ;
- les traitements en cours (antiagrégants, bêtabloquants, statines, etc.) ;
- les éventuelles complications ;
- les traitements suivis ou encore
- la présence de facteurs de risque associés comme l’hypertension, le diabète ou le tabagisme.
L’assureur peut également s’intéresser au mode de vie et aux résultats des examens récents afin d’évaluer la stabilité de la situation médicale. Ce n’est qu’après l’analyse complète de ces éléments qu’une réponse est apportée.
Et la loi Lemoine qui fait bénéficier d’une assurance de prêt sans questionnaire de santé ?
Depuis l’entrée en vigueur de la loi Lemoine, certains emprunteurs peuvent bénéficier d’une assurance de prêt sans questionnaire médical, si :
- le montant assuré est inférieur ou égal à 200 000 € par personne ;
- le prêt est entièrement remboursé avant les 60 ans de l’emprunteur.
Ce dispositif peut faciliter l’accès à l’assurance, y compris après la pose d’un stent.
Prêt immobilier : quelles garanties la banque exige-t-elle après la pose d’un stent ?
Pour qu’un prêt immobilier soit accordé, les banques exigent systématiquement que l’emprunteur souscrive une assurance couvrant les principaux risques pouvant compromettre le remboursement du crédit. Même après la pose d’un stent, ces garanties restent les mêmes que pour tout autre emprunteur :
- Garantie décès : assure le remboursement du capital restant dû en cas de décès.
- Perte totale et irréversible d’autonomie (PTIA) : prend en charge le remboursement du prêt si l’emprunteur est définitivement incapable de subvenir à ses besoins.
- Incapacité temporaire totale (ITT) : couvre les mensualités du prêt en cas d’arrêt de travail temporaire suite à une maladie ou un accident.
- Invalidité permanente totale (IPT) et invalidité permanente partielle (IPP) : assurent le remboursement partiel ou total du prêt selon le degré d’invalidité.
Quelles sont les garanties difficiles à obtenir après la pose d’un stent ?
Chez les emprunteurs ayant un stent, les garanties ITT, IPT et IPP sont souvent restreintes. De nombreux assureurs appliquent des exclusions ou des surprimes pour ces risques, afin de compenser le risque cardiovasculaire.
Anticiper et bien préparer son dossier médical, comparer les offres et, si nécessaire, recourir à un courtier spécialisé, permet de maximiser vos chances d’obtenir toutes les garanties nécessaires et de sécuriser votre projet immobilier.
Prêt immobilier et stent : pourquoi se faire accompagner par un courtier spécialisé ?
Face à la diversité des pratiques et à la complexité médicale des dossiers liés aux stents, l’accompagnement par un courtier spécialisé en risques aggravés de santé est un véritable atout. Il permet de :
- cibler directement les assureurs adaptés ;
- éviter les refus inutiles ;
- optimiser les garanties exigées par la banque ;
- gagner du temps dans un contexte où les délais sont souvent serrés.
Un bon accompagnement transforme un parcours perçu comme bloquant en une démarche structurée et réaliste.
