Securite Sociale

Complémentaire tranche 2 : c'est quoi ?

Article écrit par

Astrid Cousin

Responsable contenu

Magnolia.fr

Complémentaire tranche 2 : c'est quoi ? Sur une fiche de paie, cette ligne désigne la cotisation de retraite complémentaire Agirc-Arrco calculée sur la fraction du salaire brut qui dépasse le plafond mensuel de la Sécurité sociale fixé à 4 005 euros par mois en 2026. Elle n'apparaît donc que sur les bulletins de salariés dont la rémunération mensuelle excède ce seuil.

C'est la grande différence avec la tranche 1 : là où la tranche 1 concerne tous les salariés du secteur privé sans exception, la tranche 2 ne touche qu'une minorité, principalement les cadres et les hauts salaires, auxquels s'ajoutent des non-cadres lors de mois exceptionnels où une prime ou un 13e mois fait ponctuellement basculer la rémunération au-delà du plafond. Deux situations très différentes, souvent confondues à la lecture du bulletin.

Complémentaire tranche 2 : à qui s'applique-t-elle concrètement ?

La tranche 2 ne concerne que les salariés dont le salaire brut mensuel dépasse 4 005 euros. En dessous de ce seuil, la ligne "Complémentaire tranche 2" n'existe tout simplement pas sur le bulletin, son absence n'est pas une erreur.

Sur le bulletin de salaire, la tranche 2 peut apparaître sous plusieurs libellés selon le logiciel de paie utilisé : "Complémentaire tranche 2", "Retraite complémentaire tranche 2", "Agirc-Arrco tranche 2" ou simplement "Complémentaire T2". Ces mentions désignent toutes la même cotisation.

Trois profils sont typiquement concernés.

Les cadres à revenus élevés 

C'est le profil de référence. Un cadre à 6 000 euros brut par mois cotise en tranche 1 sur les premiers 4 005 euros, et en tranche 2 sur les 1 995 euros restants. Deux lignes distinctes apparaissent sur son bulletin.

Les non-cadres lors de mois exceptionnels 

Un salarié habituellement sous le plafond peut le dépasser ponctuellement en cas de prime, de 13e mois ou d'heures supplémentaires importantes. Dans ce cas, une ligne tranche 2 apparaît sur son bulletin pour ce seul mois et disparaît les mois suivants.

Les très hauts salaires au-delà de 8 PMSS 

Au-delà de 32 040 euros brut par mois (8 fois le PMSS de 2026), la cotisation Agirc-Arrco T2 cesse. La fraction de rémunération excédant ce seuil n'est plus soumise aux cotisations de retraite complémentaire selon Agirc-Arrco. Les salariés concernés doivent se constituer une épargne retraite individuelle (PER) pour compenser.

Les taux de la tranche 2 en 2026 : presque trois fois ceux de la tranche 1

Les taux applicables sur la tranche 2 sont nettement plus élevés que sur la tranche 1. La raison est structurelle : au-delà du PMSS, la retraite de base (Sécurité sociale) ne cotise plus sur la partie plafonnée. La retraite complémentaire doit donc compenser davantage pour assurer un niveau de pension cohérent par rapport au salaire.

Cotisation

Tranche 1 (part salariale)

Tranche 2 (part salariale)

Agirc-Arrco

3,15 %

8,64 %

CEG

0,86 %

0,86 %

Total salarié

4,01 %

9,50 %

Total employeur

6,01 %

13,81 %

La CET (Contribution d'Équilibre Technique), au taux de 0,21 % salarial, s'ajoute uniquement pour les salaires dépassant le PMSS. Elle est calculée sur la totalité du salaire brut dans la limite de 2 PMSS (soit 8 010 € par mois en 2026). Pour un cadre à 6 000 euros brut, cela représente environ 12,60 euros par mois.

Exemple concret sur un bulletin de salaire

Pour un cadre gagnant 6 000 euros brut par mois en 2026 (PMSS = 4 005 €) :

Tranche

Assiette

Cotisation salariale

Tranche 1 (0 à 4 005 €)

4 005 €

4 005 € × 4,01 % = 160,60 €

Tranche 2 (4 005 € à 6 000 €)

1 995 €

1 995 € × 9,50 % = 189,53 €

CET (sur salaire jusqu'à 8 010 €)

6 000 €

6 000 € × 0,21 % = 12,60 €

Total cotisations retraite salarié

 

362,73 €

La part patronale représente environ 60 % du total des cotisations. Pour ce même salarié, l'employeur verse environ 545 euros de cotisations retraite complémentaire par mois, montant invisible sur le bulletin mais bien réel pour le coût du travail.

L'ancienne terminologie : Tranche B, Tranche C — et pourquoi elles ont disparu

Avant la fusion Agirc-Arrco au 1er janvier 2019, le système fonctionnait avec des régimes distincts selon le statut du salarié :

  • Pour les non-cadres (Arrco) : Tranche A (0 à 1 PMSS) et Tranche B (1 à 3 PMSS) ;
  • Pour les cadres (Agirc) : Tranche A, Tranche B (1 à 4 PMSS) et Tranche C (4 à 8 PMSS).

La fusion a unifié tout cela en deux tranches simples, T1 et T2, identiques pour tous les salariés du privé, cadres et non-cadres confondus. Cette évolution concerne la retraite complémentaire et vient s'ajouter aux régimes obligatoires de la Sécurité Sociale, qui assurent la couverture de base des salariés. Les anciens libellés « Tranche B » ou « Tranche C » peuvent encore apparaître sur des bulletins anciens ou des logiciels de paie non mis à jour. Ils correspondent à l'actuelle tranche 2.

Ce que génère la tranche 2 en termes de droits

Comme pour la tranche 1, les cotisations Agirc-Arrco tranche 2 génèrent des points de retraite complémentaire. Mais la mécanique comporte une subtilité importante : seule la partie correspondant au taux contractuel (le taux divisé par le coefficient d'appel de 1,27) génère des points. Les 27 % supplémentaires prélevés financent le régime en solidarité sans créer de droits supplémentaires pour le cotisant.

Concrètement, sur 100 euros de cotisations versées en tranche 2, environ 78,7 euros génèrent des points Agirc-Arrco. Les 21,3 euros restants financent le régime sans retour direct pour le salarié.

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