Complémentaire tranche 2 obligatoire ? Oui, sans exception possible pour les salariés dont le salaire dépasse le plafond mensuel de la Sécurité sociale. Dès que la rémunération brute mensuelle franchit 4 005 euros en 2026, la cotisation Agirc-Arrco tranche 2 s'applique automatiquement, l'employeur ne peut pas la supprimer et le salarié ne peut pas y renoncer.
Mais contrairement à la tranche 1 qui concerne tous les salariés du privé sans distinction, la tranche 2 est une obligation conditionnelle : elle ne devient obligatoire que si et quand le seuil est franchi. Un salarié dont le salaire reste sous le PMSS toute l'année ne cotisera jamais en tranche 2 et c'est parfaitement normal.
Complémentaire tranche 2 obligatoire : ce que dit la loi
L'obligation de cotiser à l'Agirc-Arrco est posée par les articles L.921-1 et L.921-2 du Code de la sécurité sociale. Elle s'applique à tous les salariés du secteur privé affiliés au régime général, sans distinction de statut, de contrat ou d'ancienneté. La répartition en tranches, T1 et T2, est définie par l'accord Agirc-Arrco du 17 novembre 2017 qui a organisé la fusion des deux régimes au 1er janvier 2019.
La tranche 2 s'applique dès lors que la rémunération mensuelle brute dépasse le PMSS, dans la limite de 8 fois ce plafond. Cette obligation ne connaît aucune exception individuelle contrairement à la mutuelle santé qui admet des cas de dispense, la cotisation Agirc-Arrco tranche 2 ne peut jamais être refusée par le salarié ni supprimée par l'employeur.
Qui est obligatoirement concerné par la tranche 2 ?
La complémentaire tranche 2 c’est quoi ? Deux catégories de salariés sont systématiquement concernées, et une troisième l'est ponctuellement.
Les cadres à revenus élevés constituent le profil permanent. Un cadre dont le salaire fixe dépasse 4 005 euros cotise en tranche 2 chaque mois, de façon continue tout au long de l'année.
Les hauts salaires non-cadres : certains non-cadres très qualifiés, techniciens spécialisés, agents de maîtrise, représentants commerciaux à commission élevée, peuvent dépasser le PMSS sur tout ou partie de l'année.
Les salariés dont la rémunération variable franchit ponctuellement le PMSS : toute personne dont le salaire fixe est sous le plafond mais qui perçoit des primes, un 13e mois, des heures supplémentaires ou des avantages en nature peut se retrouver temporairement en tranche 2 certains mois. L'obligation s'applique mois par mois, elle ne tient pas compte de la moyenne annuelle.
Ce que l'obligation implique pour l'employeur
L'employeur a trois obligations précises dès lors qu'un salarié franchit le PMSS.
Déclarer correctement la tranche 2 en DSN (Déclaration Sociale Nominative). Toute erreur sur la base de calcul ou sur le taux expose l'entreprise à un redressement Urssaf qui peut porter sur plusieurs années.
Verser la part patronale, environ 13,81 % de l'assiette tranche 2 en 2026, en plus de la part patronale tranche 1. Pour un salarié cadre à 6 000 euros brut, la part patronale Agirc-Arrco totale (T1 + T2) représente environ 550 euros par mois, soit plus de 6 600 euros par an.
Faire figurer la ligne sur le bulletin de salaire avec l'assiette exacte, le taux et les montants salarié/employeur séparés. L'employeur ne peut pas regrouper T1 et T2 sur une seule ligne sans distinction selon les règles du bulletin clarifié 2026. Pour mieux comprendre la présentation des cotisations sur votre bulletin, il est utile de savoir comment apparaît la complémentaire santé sur une fiche de paie.
Ce que l'obligation ne couvre pas
Deux limites importantes méritent d'être précisées.
Au-delà de 8 PMSS (32 040 €/mois), la tranche 2 s'arrête
Les revenus excédant ce plafond ne sont plus soumis aux cotisations Agirc-Arrco. Pour les salariés très hautement rémunérés, la retraite complémentaire obligatoire est donc plafonnée, le complément doit venir d'une épargne retraite individuelle (PER, article 83, PERCO).
Les travailleurs indépendants ne sont pas concernés
La cotisation Agirc-Arrco, qu'elle soit en tranche 1 ou en tranche 2, est réservée aux salariés du secteur privé. Les indépendants, professions libérales et exploitants agricoles relèvent de régimes complémentaires distincts.
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