En France, plus de 7,5 millions de crédits automobiles sont en cours selon la Banque de France. Or avec des taux de crédit à la consommation oscillant entre 5 % et 8 % en moyenne, les mensualités peuvent rapidement devenir lourdes pour les ménages. Selon l’Observatoire de l’endettement des ménages, près d’un emprunteur sur trois déclare que le remboursement de son prêt auto « pèse fortement » sur son budget mensuel.
Dans ce contexte, le rachat de crédit auto apparaît comme une solution concrète pour réduire ses mensualités et retrouver un équilibre budgétaire. L’opération, qui consiste à regrouper son prêt auto (et éventuellement d’autres crédits à la consommation) en un seul nouveau financement, peut réduire le montant des échéances, simplifier la gestion des finances et redonner une marge de manœuvre.
Dans ce guide, nous passons en revue le fonctionnement du rachat de crédit auto, ses avantages, ses limites et les situations où il peut réellement faire la différence.
Qu’est-ce qu’un rachat de crédit auto ?
Le rachat de crédit auto, parfois appelé regroupement de crédits ou refinancement, est une opération bancaire qui consiste à ce que la banque solde vos anciens emprunts et vous accorde un nouveau crédit unique, souvent assorti de conditions plus favorables : taux d’intérêt réduit, mensualités plus basses ou durée de remboursement ajustée.
En France, près de 15 % des rachats de crédits à la consommation concernent un prêt automobile. L’opération intéresse donc un nombre croissant de ménages.
Quels prêts peuvent être concernés ?
Le rachat de crédit auto peut englober :
- Le crédit affecté : directement lié à l’achat d’un véhicule précis.
- Le prêt personnel auto : accordé sans justificatif d’achat, plus souple mais généralement plus cher.
- La LOA (location avec option d’achat) : le rachat permet parfois de solder le contrat et de refinancer l’achat du véhicule.
- D’autres crédits conso : travaux, ameublement, crédits renouvelables… qui peuvent être regroupés avec le prêt auto pour simplifier la gestion.
Et en quoi diffère-t-il d’autres solutions ?
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Option |
Définition |
Interlocuteur |
Avantages |
Inconvénients / limites |
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Renégociation |
Modification du taux ou de la durée de votre prêt avec la même banque |
Votre banque actuelle |
Démarches simples Pas de changement de contrat Frais réduits |
Peu de marge de négociation, dépend du bon vouloir de votre banque |
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Remboursement anticipé |
Vous soldez tout ou partie de votre crédit avant son terme grâce à vos fonds propres |
Votre banque actuelle |
Plus d’intérêts à payer Fin immédiate de la dette |
Besoin de liquidités importantes Indemnités possibles (jusqu’à 1 % du capital restant dû) |
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Rachat de crédit auto |
Un nouvel établissement rembourse vos crédits en cours et vous propose un prêt unique |
Nouvelle banque ou organisme spécialisé |
Mensualité allégée Gestion simplifiée Parfois trésorerie complémentaire |
Frais de dossier Assurance souvent demandée Coût total parfois plus élevé si durée allongée |
C’est donc une opération plus lourde administrativement, mais qui peut offrir un vrai gain budgétaire si elle est bien négociée.
Quels sont les avantages concrets d’un rachat de crédit auto ?
Le rachat de crédit auto n’est pas qu’une opération technique : c’est avant tout un levier budgétaire pour les ménages qui veulent reprendre le contrôle de leurs finances. Voici les trois principaux bénéfices observés.
1. Des mensualités réduites pour souffler
C’est l’avantage le plus recherché : en regroupant plusieurs prêts (auto, travaux, conso…) en un seul, vous obtenez une mensualité unique, souvent plus basse. Le rachat de crédits permet en moyenne une réduction de 30 à 60 % du montant des échéances.
2. Une gestion financière simplifiée
Au lieu de jongler avec plusieurs dates et montants, l’emprunteur n’a plus qu’une seule échéance à surveiller.
- Un seul prélèvement bancaire = moins de risques d’oubli ou de retard.
- Une meilleure visibilité sur son budget mensuel, qui facilite la planification des dépenses.
C’est un point souvent sous-estimé mais crucial : les études de la Banque de France montrent que les retards de paiement sont deux fois plus fréquents chez les ménages ayant au moins trois crédits en parallèle.
3. Une souplesse pour financer de nouveaux projets
Certains établissements proposent un rachat avec trésorerie : en plus du regroupement des dettes existantes, l’emprunteur peut obtenir une somme complémentaire pour financer un projet (achat d’un véhicule neuf, travaux de rénovation, études d’un enfant…).
- Montant moyen de la trésorerie accordée : 3 000 à 15 000 € selon les profils.
- Avantage : pas besoin de souscrire un nouveau prêt séparé.
Rachat de crédit auto : quel impact réel sur le coût total du crédit ?
La baisse des mensualités est obtenue en grande partie grâce à l’allongement de la durée. Résultat : le coût total du crédit peut augmenter, même si les mensualités sont plus légères.
Exemple :
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Situation |
Montant du prêt |
Taux |
Durée |
Mensualité |
Coût total |
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Avant rachat |
15 000 € |
8 % |
60 mois |
304 € |
18 240 € |
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Après rachat |
15 000 € |
6 % |
84 mois |
214 € |
17 988 € |
Le ménage gagne 90 € par mois, mais doit rembourser pendant 2 ans de plus.
Qui peut bénéficier d’un rachat de crédit auto et sous quelles conditions ?
Le rachat de crédit auto n’est pas réservé aux ménages aisés. En pratique, toute personne ayant un prêt en cours peut y prétendre, à condition de présenter un dossier jugé solide par l’établissement prêteur.
Les critères généraux d’éligibilité
Pour qu’un dossier soit accepté, les banques et les organismes spécialisés vérifient plusieurs points :
- Des revenus réguliers et stables : salaires, pensions de retraite ou revenus d’activité prouvés par des fiches de paie, avis d’imposition ou relevés bancaires.
- Un taux d’endettement raisonnable : en général inférieur à 35 % des revenus nets.
- Un historique bancaire correct : pas d’incidents de paiement récents, pas d’interdiction bancaire.
Ces critères visent à garantir la capacité de remboursement de l’emprunteur et à limiter le risque pour le prêteur.
Les profils atypiques : pas exclus, mais plus encadrés
Certains publics rencontrent davantage de difficultés, mais peuvent tout de même bénéficier d’un rachat :
- Auto-entrepreneurs : ils doivent prouver la régularité de leur chiffre d’affaires (au moins 2 ans d’activité est souvent exigé).
- Retraités : leur pension constitue une source de revenu stable, mais la durée du prêt est parfois limitée pour des raisons d’âge (rarement au-delà de 80 ans à l’échéance). Il existe aussi un rachat de crédit pour séniors pour qu’ils retrouvent un équilibre face à la baisse de revenus.
- Intérimaires : plus fragiles aux yeux des banques, ils doivent justifier d’une continuité de missions ou apporter des garanties supplémentaires.
Faut-il être propriétaire ?
Bonne nouvelle : être propriétaire n’est pas obligatoire. Les locataires peuvent aussi accéder au rachat de crédit auto, à condition de justifier de revenus stables et d’une gestion budgétaire saine.
- Pour les propriétaires, le rachat peut parfois être garanti par une hypothèque, ce qui rassure la banque.
- Pour les locataires, l’absence de garantie réelle est compensée par une analyse plus stricte du dossier.
Éligibilité selon les profils
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Profil |
Conditions principales |
Points de vigilance |
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Salarié en CDI |
Revenus stables, taux d’endettement < 35 % |
Peu de contraintes |
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Auto-entrepreneur |
2 ans d’activité, revenus réguliers |
Relevés fiscaux obligatoires |
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Retraité |
Pension suffisante et stable |
Âge limite à l’échéance du prêt |
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Intérimaire |
Missions continues et justificatifs solides |
Garanties supplémentaires demandées |
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Locataire |
Revenus stables, bonne gestion bancaire |
Analyse plus stricte du dossier |
Le rachat de crédit auto est accessible à un large éventail d’emprunteurs, mais les conditions varient selon le profil. La clé reste toujours la même : prouver sa solvabilité et sa stabilité financière.
Quelles démarches suivre pour faire racheter son crédit auto efficacement ?
Un rachat de crédit auto peut sembler complexe, mais il suit en réalité un processus assez clair. Chaque étape est importante pour maximiser vos chances d’obtenir une offre avantageuse.
1. Faire une simulation en ligne
De nombreux sites bancaires et comparateurs permettent d’évaluer rapidement les gains potentiels. Vous pouvez y renseigner :
- Le montant de vos crédits en cours,
- Les mensualités actuelles,
- La durée restante.
Objectif : obtenir une estimation des nouvelles mensualités, du taux d’intérêt et du coût total. Une simulation bien préparée permet d’anticiper jusqu’à 15 % de gain supplémentaire lors de la négociation, car l’emprunteur connaît déjà ses marges de manœuvre.
2. Constituer un dossier solide
Un bon dossier augmente fortement vos chances d’acceptation. Les justificatifs généralement demandés sont :
- Pièces d’identité et justificatif de domicile,
- Trois derniers bulletins de salaire ou relevés de pension,
- Dernier avis d’imposition,
- Tableau d’amortissement ou relevés des crédits en cours,
- Relevés bancaires récents.
3. Comparer les offres ou passer par un courtier
Quatre emprunteurs sur 10 en moyenne passent par un courtier qui permet de faire une économie de 0,5 à 1 point de taux.
- Comparaison directe : contacter plusieurs banques pour obtenir des propositions et mettre la concurrence en jeu.
- Courtier spécialisé : il se charge de négocier pour vous et d’obtenir des conditions personnalisées.
Combien coûte vraiment le rachat de crédit auto ?
Un rachat de crédit auto n’est jamais gratuit. Il faut intégrer dans vos calculs les frais annexes qui peuvent peser sur l’opération.
- Frais de dossier et de garantie : généralement 1 à 4 % du montant racheté, selon l’établissement.
- Assurance emprunteur : pas obligatoire pour un crédit conso, mais souvent exigée. Elle peut représenter entre 0,2 % et 0,8 % du capital emprunté par an.
- Pénalités de remboursement anticipé (IRA) : vos anciens prêts peuvent prévoir une indemnité, généralement limitée à 1 % du capital restant dû.
Quels sont les pièges à éviter lors d'un rachat de crédit auto ?
Le rachat de crédit auto peut être une bouffée d’air, mais mal préparé, il peut aussi se transformer en piège. Voici les erreurs les plus fréquentes :
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1Trop allonger la durée du prêtRéduire ses mensualités est séduisant, mais si la durée est trop étendue, le coût global explose. Par exemple, un crédit de 15 000 € sur 5 ans à 6 % coûte environ 2 400 € d’intérêts. Sur 8 ans, les intérêts grimpent à 3 800 € : soit +1 400 € pour 3 ans de plus. Moralité : ne pas confondre “mensualité allégée” et “économie réelle”.
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2Se précipiter sur la première offreSelon l’UFC-Que Choisir, l’écart de taux entre deux établissements peut dépasser 2 points, soit plusieurs centaines d’euros d’écart sur le coût total. Il faut toujours comparer au moins 3 propositions (banques, organismes spécialisés, courtiers).
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3Négliger les clauses du contratLes conditions de remboursement anticipé, les garanties exigées ou l’assurance emprunteur sont parfois des coûts cachés. Par exemple, une assurance facultative facturée 0,5 % du capital peut alourdir la facture de plusieurs centaines d’euros. Lisez les petites lignes et demandez des simulations détaillées avant de signer.
Quand est-ce vraiment utile de racheter son crédit auto ?
Le rachat de crédit auto n’est pas toujours pertinent, mais il peut se révéler stratégique dans certains cas :
En cas de crédits multiples
Cumuler un crédit auto, un prêt personnel et un crédit renouvelable peut vite devenir ingérable. Le regroupement en un seul prêt :
- Simplifie la gestion,
- Permet de baisser la mensualité globale,
- Réduit parfois le taux moyen appliqué.
En cas de baisse de revenus
Chômage, passage à la retraite ou congé parental : autant de situations où le budget se tend. Le rachat de crédit auto permet dans ces cas d’adapter ses échéances à la nouvelle réalité financière, et d’éviter les incidents de paiement.
Pour financer un nouveau projet
Besoin d’un nouveau véhicule, de travaux ou d’un coup de pouce pour un projet personnel ? Certains rachats intègrent une trésorerie complémentaire. Cela évite de cumuler un nouveau crédit et de multiplier les mensualités.
