Après un cancer de la thyroïde, de nombreux patients reprennent rapidement le cours de leur vie et envisagent de nouveaux projets, comme l’achat d’un bien immobilier. Et qui dit projet immobilier dit généralement souscription à une assurance emprunteur.
Cette étape peut parfois soulever des interrogations : est-il possible de souscrire une assurance de prêt après un cancer de la thyroïde ? Le droit à l’oubli permet-il de ne plus avoir à déclarer son cancer de la thyroïde lors d’une demande d’assurance emprunteur ? Comment fonctionne-t-il concrètement ? Quelles sont les conditions à respecter ?
On vous explique tout.
Après un cancer de la thyroïde, le droit à l’oubli est-il accessible ?
Oui, le droit à l'oubli s'applique au cancer de la thyroïde, comme à d'autres pathologies oncologiques telles que le cancer du sein ou le cancer du côlon.
Concrètement, cela signifie que si certaines conditions sont respectées, vous pouvez :
- ne plus déclarer votre ancien cancer dans un questionnaire de santé,
- et être assuré dans des conditions classiques.
Ce dispositif s’inscrit dans le cadre de la Convention AERAS, qui vise à faciliter l’accès à l’assurance pour les personnes ayant eu un problème de santé.
L’objectif est simple : permettre de tourner la page sans être pénalisé dans ses projets.
Quelles conditions pour bénéficier du droit à l’oubli dans le cas d’un cancer de la thyroïde ?
Le droit à l’oubli repose sur un délai de 5 ans, mais celui-ci ne s’applique que si deux conditions sont remplies.
1. Avoir terminé les traitements actifs
Le délai commence à partir de la fin des traitements actifs, à savoir :
- la chirurgie,
- et éventuellement le traitement à l’iode radioactif.
2. Ne pas avoir connu de rechute
Pendant les 5 années qui suivent :
- aucun nouvel épisode de cancer ne doit être diagnostiqué,
- et l’état de santé doit rester stable.
Ce critère permet de considérer que le risque médical est désormais faible.
Comment s’applique le droit à l’oubli après un cancer de la thyroïde ?
Le droit à l’oubli permet de ne plus mentionner un cancer passé lors de la souscription d’une assurance emprunteur, dès lors que les conditions sont respectées.
Dans le cas du cancer de la thyroïde, cela signifie qu’une fois le délai écoulé, et en l’absence de rechute, l’assureur ne peut plus tenir compte de cet antécédent.
Concrètement :
- aucune surprime ne peut être appliquée,
- aucune exclusion liée au cancer ne peut être imposée,
- et vous accédez à une assurance dans des conditions standards.
Le traitement hormonal empêche-t-il de bénéficier du droit à l’oubli ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes après un cancer de la thyroïde.
Après l’ablation de la glande, la majorité des patients doivent suivre un traitement hormonal substitutif à vie, le plus souvent à base de lévothyroxine.
Cette situation peut prêter à confusion : le fait de prendre un traitement quotidien signifie-t-il que le cancer est encore “actif” aux yeux de l’assurance ?
En réalité, la réponse est non.
Ce traitement n’est pas considéré comme un traitement actif du cancer. Il s’agit d’un traitement de substitution, destiné à remplacer les hormones que la thyroïde ne produit plus.
Concrètement :
- il ne vise pas à traiter une maladie en cours,
- et il n’indique pas la présence d’un cancer actif.
Dans le cadre du droit à l’oubli, cette distinction signifie qu’il est tout à fait possible de bénéficier du droit à l’oubli même en poursuivant ce traitement à vie.
Et si le droit à l’oubli ne s’applique pas encore ?
Même si le délai de 5 ans n’est pas encore atteint, il reste possible d’obtenir une assurance.
La Convention AERAS prévoit des dispositifs permettant d’élargir l’accès à l’assurance, notamment grâce à une grille de référence.
Cela peut permettre :
- une assurance avec des conditions encadrées,
- parfois sans surprime selon les profils,
- ou avec des exclusions limitées.
Chaque situation est étudiée individuellement.
