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Toutes les alternatives en cas de refus d'assurance de prêt

Article écrit par

Astrid Cousin

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Magnolia.fr

Obtenir un prêt immobilier sans assurance emprunteur relève quasiment de l'exception. Dans la grande majorité des situations, les établissements bancaires conditionnent l'octroi d'un financement à la mise en place d'une couverture adaptée. Pourtant, certains profils se voient opposer un refus : antécédents médicaux, âge avancé, profession exposée ou pratique sportive jugée incompatible avec les critères de sélection des assureurs.

Face à cette situation, vous ne devez pas conclure à l'impossibilité de concrétiser votre projet. Plusieurs dispositifs permettent de contourner un refus d'assurance de prêt et de convaincre la banque d'accorder le financement demandé. Délégation d'assurance, convention AERAS, garanties alternatives ou recours à des assureurs spécialisés : voici un panorama complet des solutions envisageables.

Première alternative au refus : la délégation d'assurance, une voie trop souvent négligée

Un droit légalement reconnu

La loi Lagarde de 2010 a ouvert aux emprunteurs la possibilité de choisir librement leur assurance, sans être contraints d'accepter le contrat groupe proposé par leur banque. Ce mécanisme, appelé délégation d'assurance de prêt, permet de solliciter n'importe quel assureur du marché.

Un refus d'assurance de prêt essuyé auprès de l'assurance interne de la banque ne préjuge donc pas du résultat d'une démarche auprès d'un assureur alternatif.

Des politiques d'acceptation très variables

Les grilles de risque utilisées par les assureurs diffèrent sensiblement d'un établissement à l'autre. Un dossier médical ou professionnel qui dépasse le seuil de tolérance d'une compagnie peut parfaitement entrer dans les critères d'acceptation d'une autre.

Ces différences portent sur :

  • Les pathologies couvertes ou exclues
  • Les plafonds d'âge à l'adhésion et à la fin du contrat
  • Le niveau de surprime appliqué en cas de risque aggravé
  • La définition retenue pour les garanties invalidité ou incapacité.

L'apport du courtier spécialisé

Face à la diversité des offres et à la technicité des dossiers médicaux, l'accompagnement d'un courtier en assurance emprunteur est précieux pour monter un dossier anti-refus solide.  Son réseau de partenaires lui permet d'identifier les assureurs les plus enclins à accepter un profil particulier.

Il peut également :

  • Présenter le dossier sous l'angle le plus favorable possible ;
  • Mettre en concurrence plusieurs compagnies simultanément ;
  • Négocier une réduction des surprimes ou un élargissement des garanties ;
  • Orienter l'emprunteur vers les dispositifs réglementaires adaptés.

L’alternative AERAS : un filet de sécurité pour les risques de santé aggravés

La convention AERAS (s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) a été mise en place pour améliorer l'accès au crédit des personnes dont l'état de santé complique l'obtention d'une assurance standard.

Le dispositif concerne uniquement les prêts d’un montant pouvant aller jusqu’à 420 000 € et remboursés avant les 70 ans de l’emprunteur.

Un processus d'examen en plusieurs niveaux

Lorsqu'un dossier est refusé lors de l'instruction classique, il est possible de contester le refus via la convention AERAS, qui prévoit son orientation automatique vers des instances d'examen successives : 

  • Un premier réexamen par le service médical de l'assureur ;
  • Une analyse approfondie par un pool mutualisé de réassureurs spécialisés ;
  • Un examen complémentaire par une commission médicale dédiée aux cas les plus complexes.

Ce parcours sur 3 niveaux évite qu'un dossier soit définitivement écarté sur la seule base d'une première évaluation.

Les apports concrets pour l'emprunteur

Le recours à la convention AERAS peut déboucher sur :

  • L'obtention d'une couverture malgré une pathologie sévère
  • Un écrêtement des surprimes au-delà d'un certain plafond
  • Un accès au crédit plus équitable pour les personnes malades ou guéries.

Les limites de la convention Aeras

La convention AERAS ne constitue pas une garantie d'acceptation systématique. Certains profils peuvent encore se voir opposer un refus à l'issue du processus, ou se voir proposer des conditions jugées trop restrictives. Dans ce cas, d'autres solutions doivent être envisagées.

Important :Dans le cadre de la convention Aeras, le droit à l'oubli constitue une avancée significative pour les anciens malades ; il permet aux personnes ayant souffert d'un cancer ou d'une hépatite C de ne plus mentionner cette pathologie dans leur questionnaire de santé, passé un délai de 5 ans après la fin du protocole thérapeutique.

La suppression du questionnaire médical : une alternative au refus d’assurance pour les emprunteurs à risques de santé

La loi Lemoine permet à certains emprunteurs d'accéder à une assurance sans avoir à compléter de questionnaire médical. Ce dispositif concerne les prêts immobiliers d’un montant inférieur ou égal à 200 000 € (400 000 € en cas d’emprunt à deux avec quotité d’assurance à 50/50), et soldés avant les 60 ans de l’emprunteur.

La suppression du questionnaire médical en assurance de prêt immobilier supprime de facto :

  • Toute formalité médicale préalable à la souscription
  • Les examens complémentaires parfois exigés
  • Le risque de refus ou de surprime liés à une déclaration de pathologie.

Pour les emprunteurs remplissant les conditions requises, cette mesure représente une opportunité d'accéder à une assurance sans obstacle.

Jouer sur la répartition des quotités : alternative au refus quand un emprunteur présente des risques

Le rôle de la quotité dans le financement à deux

Si vous empruntez seul, l’intégralité du montant est couvert par l’assurance de prêt. En cas d’emprunt souscrit conjointement, l'assurance peut être répartie entre les 2 emprunteurs sous forme de quotités

Chaque quotité d’assurance de prêt représente la part du capital couverte par l'assuré correspondant, l’addition des 2 quotités devant a minima totaliser 100 % du capital emprunté.

Des combinaisons possibles

Plusieurs schémas de répartition peuvent être envisagés :

  • Une couverture à 50 % sur chaque tête
  • Une répartition asymétrique à 70 % / 30 % ou 80 % / 20 %
  • Une couverture totale à 100 % sur chaque emprunteur
  • Une combinaison de 100 % sur le premier et 50 % sur le second.

Si l'un des co-emprunteurs rencontre des obstacles pour s'assurer, il peut être pertinent d'augmenter la quotité portée par l'autre, à condition que ses revenus et son profil le permettent.

Les précautions à prendre

Cette stratégie alourdit la charge assurantielle sur le co-emprunteur non défaillant, illustrant l'un des impacts d'un refus d'assurance de prêt sur le financement du projet. En cas de sinistre sur l'emprunteur insuffisamment couvert, le remboursement ne portera que sur la fraction assurée.  Une analyse rigoureuse des conséquences financières s'impose avant toute décision.

Faire assurer exclusivement un emprunteur : alternative au refus quand un co-emprunteur présente des risques

Si vous empruntez seul, l’intégralité du montant est couvert par l’assurance de prêt. En cas d’emprunt souscrit conjointement, l'assurance peut être répartie entre les 2 emprunteurs sous forme de quotités

Chaque quotité d’assurance de prêt représente la part du capital couverte par l'assuré correspondant, l’addition des 2 quotités devant a minima totaliser 100 % du capital emprunté.

Une option à envisager dans les cas extrêmes 

Lorsque l'un des 2 emprunteurs est totalement inassurable, les banques ont le droit d'accorder tout de même le crédit en n'exigeant la couverture que sur le second emprunteur. Cette configuration reste peu courante et nécessite que des conditions solides soient réunies.

La banque examinera notamment :

  • La robustesse des revenus du co-emprunteur assuré
  • Le niveau d'endettement global du foyer
  • La consistance du patrimoine disponible en garantie.

Un risque résiduel important

Cette solution ne couvre pas les sinistres affectant l'emprunteur non assuré. En cas de décès ou d'invalidité de ce dernier, aucune indemnisation ne sera versée par l'assureur. Le co-emprunteur survivant ou l'un des héritiers devra assumer seul la charge des remboursements restants.

Les garanties patrimoniales alternatives proposées à la banque

Pourquoi la banque accepte parfois de transiger

Lorsque l'assurance emprunteur fait défaut, la banque cherche à sécuriser son financement par d'autres moyens. Des garanties patrimoniales solides permettent de rassurer son banquier et peuvent partiellement compenser l'absence de couverture assurantielle. 

Le nantissement d'un contrat d'assurance-vie

Cette technique consiste à affecter au profit de la banque les capitaux accumulés sur un contrat d'assurance-vie. En cas de défaillance de l'emprunteur, l'établissement prêteur pourra faire valoir ses droits sur l'épargne ainsi nantie.

Les atouts de cette solution :

  • Elle peut lever certaines exigences d'assurance emprunteur.
  • L'emprunteur reste propriétaire de son épargne durant toute la durée du crédit.
  • Elle peut significativement rassurer un prêteur réticent.

En contrepartie, les rachats partiels et les mouvements sur le contrat seront limités voire interdits tant que le nantissement est en vigueur.

L'hypothèque sur un bien immobilier existant

La banque peut accepter de garantir le prêt par une hypothèque sur un bien déjà détenu par l'emprunteur. Cette option s'adresse principalement aux investisseurs ou aux emprunteurs disposant d'un patrimoine immobilier conséquent.

Elle présente toutefois un risque important : en cas de défaut de paiement prolongé, le bien hypothéqué peut être saisi et vendu pour rembourser le crédit.

La caution d’un tiers

Un proche disposant d'une capacité financière suffisante peut se porter caution solidaire. Ce dernier s'engage alors à honorer les échéances si l'emprunteur principal n'est plus en mesure de le faire, avec des conséquences potentiellement lourdes pour la caution.

Faire face à un refus d'assurance de prêt est une épreuve déstabilisante, mais elle ne signe pas l'abandon définitif d'un projet immobilier. Entre la délégation d'assurance, la convention AERAS, le droit à l'oubli, la suppression du questionnaire médical, les ajustements de quotités, les garanties patrimoniales alternatives et le recours à des assureurs spécialisés, les options à disposition de l'emprunteur sont nombreuses.

La démarche la plus efficace consiste à ne jamais s'arrêter à une première décision négative, à explorer simultanément plusieurs pistes et à s'entourer de professionnels capables d'optimiser la présentation du dossier. Avec de la méthode et de la persévérance, il est souvent possible de trouver une solution permettant de concrétiser le projet immobilier envisagé.