Lorsque deux personnes empruntent ensemble pour financer un bien immobilier, elles doivent choisir la répartition de la quotité de leur assurance emprunteur. Ce choix est particulièrement important lorsque les revenus du couple sont inégaux.
Faut-il privilégier une répartition 50/50 ? Assurer davantage l’emprunteur qui gagne le plus ? Opter pour une couverture maximale à 200 % ?
Le choix de la quotité ne doit pas seulement dépendre du coût de l’assurance. Il doit surtout permettre de protéger efficacement le foyer en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail.
Pourquoi les revenus du couple influencent-ils la quotité d’assurance de prêt ?
L’assurance emprunteur a pour objectif principal de sécuriser le remboursement du crédit immobilier en cas d’aléa de la vie.
Lors du choix de la quotité d’assurance, les revenus de chaque emprunteur jouent un rôle déterminant en conditionnant directement la capacité du ménage à rembourser les mensualités du prêt.
Dans certains cas, un seul des deux conjoints contribue de manière plus importante au budget global, ce qui rend le remboursement du crédit plus dépendant de son revenu.
En cas de décès ou d’invalidité de cet emprunteur, le déséquilibre financier peut rendre difficile, voire impossible, la poursuite du remboursement du prêt par le conjoint survivant.
Ainsi, la quotité d’assurance est étroitement liée à cette répartition des revenus, afin d’adapter la couverture au poids économique réel de chaque emprunteur dans le foyer et de renforcer la sécurité du projet immobilier.
Quelle quotité choisir quand les revenus du couple sont inégaux ?
Le bon choix dépend principalement de la différence de revenus et du niveau de sécurité souhaité.
Revenus équivalents : la quotité 50/50
Lorsque les revenus sont proches, la répartition 50/50 reste souvent la plus simple.
Chaque emprunteur est couvert à hauteur de la moitié du crédit.
Cette solution permet :
- un équilibre des cotisations ;
- une couverture suffisante dans de nombreux cas ;
- un coût d’assurance généralement plus modéré.
Revenus très inégaux : une quotité asymétrique
Quand un emprunteur gagne nettement plus que l’autre, il peut être judicieux d’augmenter sa quotité.
Les répartitions les plus fréquentes sont :
- 65 % / 35 %
- 70 % / 30 % ;
- 80 % / 20 % ;
- 90 % / 10 %.
Cette solution protège davantage le foyer si le revenu principal disparaît.
Un seul revenu essentiel au foyer
Dans certains couples, un seul salaire permet réellement d’assumer le crédit immobilier.
Dans cette situation, il peut être préférable de choisir :
- une quotité 100 % sur l’emprunteur principal ;
- voire une couverture 100 % / 100 %.
Ainsi, en cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur principal, le prêt peut être totalement remboursé.
Tableau récapitulatif : Quelle quotité d’assurance lorsque les revenus sont inégaux ?
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Répartition des quotités |
Niveau de protection |
Profil de couple concerné |
Effet en cas de sinistre |
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50 % - 50 % |
Couverture équilibrée |
Couple avec revenus plus ou moins similaires |
Chaque emprunteur reste responsable de 50 % du prêt restant |
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70 % - 30 % |
Protection adaptée aux revenus |
Les revenus du couple sont inégaux |
La plus grande partie du crédit est prise en charge si l’emprunteur principal est touché |
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100 % - 50 % |
Sécurité renforcée |
Un revenu principal indispensable au foyer |
Le conjoint survivant conserve une charge de remboursement plus limitée |
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100 % - 100 % |
Protection maximale |
Couple souhaitant sécuriser totalement la résidence principale ou protéger les enfants |
L’assurance peut rembourser l’intégralité du prêt même si un seul emprunteur est concerné |
Pourquoi choisir une quotité supérieure à 100 % lorsque les revenus sont inégaux ?
Lorsque les revenus des co-emprunteurs sont fortement déséquilibrés, une quotité totale limitée à 100 % peut parfois s’avérer insuffisante pour protéger correctement le foyer. En effet, si l’emprunteur qui contribue le plus aux revenus du ménage venait à décéder ou à devenir invalide, le conjoint survivant pourrait se retrouver avec des revenus réduits tout en devant continuer à rembourser une partie importante du crédit immobilier.
Dans ce contexte, augmenter la quotité au-delà de 100 % permet de renforcer la protection financière du foyer. Cette solution consiste à surprotéger l’emprunteur dont les revenus sont essentiels à l’équilibre du budget familial, afin de limiter au maximum le reste à charge en cas de sinistre.
Par exemple, une quotité supérieure à 100 % peut permettre, dans certains cas, de réduire fortement voire de supprimer le capital restant dû à la charge du conjoint survivant.
Même si ce choix entraîne généralement un coût d’assurance plus élevé, il offre une sécurité renforcée, particulièrement adaptée aux couples présentant un fort écart de revenus ou ayant des charges familiales importantes. Il permet ainsi de préserver plus sereinement le projet immobilier et l’équilibre financier du foyer.
Dans quels cas choisir une quotité d’assurance emprunteur à 200 % ?
Une quotité à 200 % correspond généralement à une couverture 100 % / 100 %. Chaque co-emprunteur est alors assuré sur l’intégralité du prêt immobilier.
Il s’agit du niveau de protection le plus élevé en assurance emprunteur.
Avec cette solution, si l’un des emprunteurs décède ou devient invalide selon les garanties du contrat, l’assurance peut rembourser la totalité du crédit immobilier.
Une protection maximale pour le foyer
La quotité 100 % / 100 % permet de protéger totalement le conjoint survivant.
Cette solution peut être particulièrement intéressante :
- pour l’achat d’une résidence principale ;
- lorsque le couple a des enfants ;
- si les revenus du foyer dépendent fortement des deux emprunteurs ;
- ou lorsque les emprunteurs souhaitent sécuriser au maximum leur patrimoine immobilier.
Les inconvénients d’une quotité élevée
Une couverture à 200 % entraîne généralement :
- un coût total d’assurance plus important ;
- un impact plus fort sur le coût global du crédit.
Il est donc important de comparer le niveau de protection obtenu avec le budget disponible.
Exemples de répartition de quotité d’assurance emprunteur quand les revenus du couple sont inégaux
Exemple 1 : une quotité 80/20 adaptée à un écart de revenus modéré
Julie et Marc ont des revenus différents. Ils choisissent donc une quotité 80 % / 20 %.
En cas de décès ou d’invalidité de l’emprunteur le plus exposé, l’assurance prend en charge 80 % du capital restant dû. Le conjoint survivant conserve alors 20 % du crédit à rembourser, ce qui reste une charge réduite par rapport à une répartition plus équilibrée.
Exemple 2 : une quotité 100/100 pour une protection maximale du foyer
Laura et Thomas souhaitent sécuriser totalement leur projet immobilier, notamment parce qu’ils ont des enfants à charge.
Ils optent pour une quotité 100 % / 100 %, soit une couverture à 200 %.
Dans ce cas, si l’un des emprunteurs décède, l’assurance rembourse l’intégralité du capital restant dû.
Comment bien choisir la quotité quand les revenus sont différents ?
Le choix de la quotité d’assurance emprunteur doit être adapté à la situation financière du couple. Lorsque les revenus sont inégaux, plusieurs critères permettent de trouver un bon équilibre entre protection et coût de l’assurance.
Évaluer la capacité de remboursement du conjoint
Il est important de se demander si le conjoint survivant pourrait assumer seul le crédit immobilier en cas de décès ou d’invalidité. Plus l’écart de revenus est important, plus une protection renforcée sur l’emprunteur principal peut être pertinente.
Tenir compte des charges du foyer
Les dépenses du ménage (enfants, crédits, frais quotidiens ou logement) influencent directement le choix de la quotité. Plus les charges sont élevées, plus une couverture importante peut sécuriser la situation financière du couple.
Analyser la situation professionnelle et la santé
Un emploi stable n’entraîne pas le même niveau de risque qu’une activité indépendante ou à revenus variables. De même, l’état de santé peut influencer le coût de l’assurance et le niveau de protection à privilégier.
Adapter la quotité au projet immobilier
Pour une résidence principale, une protection renforcée est souvent privilégiée. Pour un investissement locatif, une quotité plus faible peut être envisagée afin de réduire le coût.
Comparer plusieurs scénarios
Avant de choisir, il est conseillé de comparer plusieurs répartitions (50/50, 70/30, 100/100) afin de trouver le meilleur compromis entre coût et protection.
Peut-on modifier la quotité de son assurance emprunteur ?
La quotité d’assurance emprunteur peut être modifiée après la souscription du prêt, sous réserve de l’accord de la banque et parfois de l’assureur en cas de délégation d’assurance.
Cette modification intervient souvent en cas d’évolution de la situation du foyer : changement de revenus, séparation, perte d’emploi ou changement professionnel.
En cas de refus, les emprunteurs peuvent changer d’assurance de prêt. Grâce à la loi Lemoine, il est possible de résilier son assurance à tout moment pour choisir une offre plus adaptée. Pour choisir l’offre adaptée, comparez gratuitement et rapidement avec notre outil !
