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La portabilité de la mutuelle couvre-t-elle les ayants droit ?

Article écrit par

Astrid Cousin

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Magnolia.fr

La portabilité de la mutuelle couvre-t-elle les ayants droit ? Oui, mais sous des conditions que beaucoup de familles découvrent trop tard. Les ayants droit ne sont couverts pendant la portabilité que s'ils l'étaient déjà au moment de la rupture du contrat et uniquement si l'employeur participait à leurs cotisations. Un conjoint ou des enfants dont les cotisations étaient intégralement payées par le salarié lui-même ne bénéficient pas de la portabilité gratuite.

C'est une nuance que peu de salariés vérifient avant de quitter leur entreprise. Résultat : des familles qui pensaient être protégées pendant la période de transition se retrouvent avec une couverture payante ou absente pour certains membres, sans l'avoir anticipé.

La portabilité de la mutuelle couvre-t-elle les ayants droit ? Les trois conditions cumulatives

L'article L911-8 du Code de la sécurité sociale pose le principe : la portabilité s'applique dans les mêmes conditions à l'ancien salarié et à ses ayants droit. Mais pour ces derniers, trois conditions spécifiques doivent être réunies simultanément, selon ADP Assurances :

  • Les ayants droit étaient couverts par la mutuelle de l'entreprise à la date de cessation du contrat de travail,
  • L'employeur participait aux cotisations des ayants droit au même titre que pour celles du salarié,
  • Le salarié lui-même remplit les conditions pour bénéficier de la portabilité (indemnisation France Travail, absence de faute lourde, affiliation préalable).

La deuxième condition est celle qui surprend le plus. Si le salarié assumait seul le paiement des cotisations pour son conjoint ou ses enfants, sans participation patronale, ces derniers ne bénéficient pas du mécanisme de portabilité gratuit. Ils peuvent rester couverts par la mutuelle de l'entreprise, mais leurs cotisations sont entièrement à la charge de l'ancien salarié. Ce n'est plus de la portabilité au sens légal du terme : c'est un maintien payant. Les modalités de prise en charge des ayants droit et la participation financière de l'employeur dépendent en effet des règles prévues par la mutuelle d'entreprise, qui encadrent les garanties du contrat collectif. 

Il est impossible d'ajouter des ayants droit après la fin du contrat de travail. La portabilité ne s'applique qu'aux personnes déjà enregistrées comme bénéficiaires à la date de rupture. Si votre conjoint n'était pas encore rattaché à votre contrat, il ne peut pas l'être après votre départ sauf exception pour un nouveau-né en tarif famille.

Ce qui se passe concrètement pour le conjoint et les enfants

Quand les trois conditions sont remplies, la portabilité des ayants droit fonctionne sans démarche de leur part. Ils continuent de bénéficier de garanties identiques pendant la portabilité à celles dont ils disposaient avant la rupture du contrat. Ils peuvent ainsi : 

  • Utiliser leur carte de mutuelle normalement, 
  • Se faire rembourser leurs soins comme avant, 
  • Bénéficier des éventuelles garanties optionnelles souscrites dans le contrat collectif.

La structure tarifaire du contrat collectif conditionne toutefois ce qui peut ou non changer pendant la portabilité selon APICIL :

Structure tarifaire

Ce qui se passe pendant la portabilité

Tarif famille

Les membres déjà couverts continuent à l'être et un nouveau-né peut même être ajouté

Tarif isolé

Le salarié est seul concerné, aucun bénéficiaire ne peut être ajouté

Tarif couple ou extension famille

Le nombre de bénéficiaires ne peut pas être modifié

La durée est identique à celle du salarié : égale à la durée du dernier contrat de travail, dans la limite de 12 mois. La portabilité prend fin aux mêmes dates et pour les mêmes raisons :

  • Reprise d'emploi du salarié, 
  • Cessation de l'indemnisation France Travail, 
  • Expiration du délai maximum.

Un point pratique souvent ignoré : si le salarié retrouve un emploi et que sa portabilité prend fin, les ayants droit perdent également la couverture à cette date. Ils basculent vers la mutuelle du nouvel employeur si le contrat collectif le prévoit et si ce n'est pas le cas, une démarche spécifique est nécessaire pour les intégrer.

Le cas particulier du décès du salarié pendant la portabilité

Si le salarié décède pendant la période de portabilité, ses ayants droit ne perdent pas leur couverture immédiatement. Ils peuvent bénéficier du maintien loi Évin indépendamment du dispositif de portabilité classique. L'organisme assureur leur adresse une proposition de maintien des garanties à titre individuel dans les 2 mois suivant le décès et les ayants droit disposent de 6 mois pour l'accepter.

Ce maintien est payant, avec les mêmes plafonds tarifaires que la loi Évin standard : égal au tarif des actifs la première année, majoré de 25 % maximum la deuxième, de 50 % maximum la troisième.

Ce qui se passe pour les ayants droit à la fin de la portabilité

Quand la portabilité prend fin, les ayants droit perdent la couverture collective en même temps que le salarié. Plusieurs options s'offrent alors.

La proposition loi Évin est adressée à l'ancien salarié, mais elle ne couvre pas nécessairement les ayants droit. L'assureur n'y est pas légalement contraint, contrairement à la portabilité. Ce point mérite une vérification explicite dans la proposition reçue avant de l'accepter.

Le rattachement à la mutuelle du nouvel employeur si une reprise d'emploi a eu lieu, ou à la mutuelle du conjoint si celui-ci est couvert par un contrat collectif qui permet l'intégration des ayants droit.

La Complémentaire Santé Solidaire (CSS) pour les foyers dont les ressources sont sous les plafonds en vigueur couvre l'ensemble du foyer, pas seulement l'ancien salarié.

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