Les spécialistes qui pratiquent le plus de dépassements d’honoraires ne sont pas nécessairement ceux dont les dépassements sont les plus élevés. En 2024, 86 % des chirurgiens et 78 % des gynécologues-obstétriciens exercent en secteur 2. Un dépassement d’honoraires correspond à la somme facturée au-delà du tarif conventionnel de l’Assurance maladie.
Pour un patient, la part de médecins en secteur 2 ne permet pas de prévoir le montant d’une consultation ni le reste à charge. Les spécialistes ont pourtant facturé 4,3 milliards d’euros de dépassements en 2024. Pour lire le classement, encore faut-il distinguer la proportion de praticiens concernés des sommes qu’ils facturent.
Quels spécialistes facturent le plus souvent des dépassements d’honoraires ?
Le classement le plus parlant repose sur la part de médecins en secteur 2, autorisés à dépasser le tarif conventionnel.
Chirurgiens, gynécologues, ORL et ophtalmologues en tête
Les données 2024 de la CNAM placent les spécialités chirurgicales loin devant. Elles mesurent toutefois une exposition potentielle, pas un dépassement systématique.
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Spécialité |
Médecins exerçant en secteur 2 en 2024 |
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Chirurgie |
86 % |
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Gynécologie-obstétrique |
78 % |
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Oto-rhino-laryngologie (ORL) |
73 % |
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Ophtalmologie |
72 % |
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Stomatologie |
71 % |
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Anesthésie-réanimation |
67 % |
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Endocrinologie |
66 % |
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Rhumatologie |
64 % |
Source : HCAAM, données CNAM 2024. La proportion est calculée parmi l’ensemble des médecins libéraux de chaque spécialité.
La réponse est nette : les chirurgiens sont les plus nombreux à pouvoir pratiquer des dépassements, devant les gynécologues-obstétriciens.
La part du secteur 2 mesure un risque, pas une facture certaine
Le secteur 2 autorise des honoraires différents du tarif opposable, avec « tact et mesure ». Pourtant, 43 % des actes de ces praticiens éligibles à l’OPTAM ont été facturés sans dépassement en 2023.
Néphrologues et radiothérapeutes majoritairement en secteur 1
À l’autre extrémité, le secteur 2 concernait 8 % des néphrologues, 17 % des radiothérapeutes, 31 % des cardiologues et 35 % des radiologues (HCAAM, 2024).
Une faible proportion n’exclut pas tout supplément
Le statut du praticien reste donc plus utile que la moyenne nationale de sa spécialité.
Quelles spécialités appliquent les dépassements les plus élevés ?
Un second classement rapporte le supplément moyen au tarif conventionnel. Il mesure l’intensité, et non la fréquence potentielle.
Stomatologie, chirurgie et gynécologie aux taux les plus forts
En secteur 2, le taux moyen avoisine 80 % en stomatologie, 60 % en chirurgie et en gynécologie-obstétrique, et dépasse 50 % en ophtalmologie. Cardiologues, pneumologues et neurologues se situent autour de 20 %.
Le taux moyen ne prédit pas le prix de votre acte
Ce taux agrège des actes et des pratiques différents. Le remboursement des dépassements par la Sécurité sociale reste calculé sur le tarif conventionnel, jamais sur le supplément.
L’ophtalmologie concentre une forte masse financière
L’ophtalmologie a généré 519 millions d’euros de dépassements en 2023, soit 21,7 % du total étudié par la DREES. Le volume d’actes pèse ici autant que les tarifs.
Trois indicateurs, trois lectures du classement
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Question du patient |
Indicateur pertinent |
Spécialité en tête ou très exposée |
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Ai-je de fortes chances de rencontrer un médecin autorisé à dépasser ? |
Part du secteur 2 |
Chirurgie |
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Dans quelle spécialité le taux moyen est-il le plus fort ? |
Dépassement rapporté au tarif conventionnel |
Stomatologie |
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Où la somme totale facturée est-elle particulièrement élevée ? |
Masse annuelle de dépassements |
Ophtalmologie |
La chirurgie domine donc par la fréquence du secteur 2, la stomatologie par le taux moyen.
Pourquoi le prix varie-t-il pour une même spécialité ?
La spécialité n’explique qu’une partie de la facture. La localisation et l’OPTAM creusent encore les écarts.
Paris et les grandes métropoles davantage exposés au secteur 2
À Paris, quatre spécialistes sur cinq exercent en secteur 2, contre moins d’un sur trois dans plusieurs départements ruraux.
Une offre en secteur 1 parfois difficile à trouver
En 2022, le taux moyen allait de 10 % dans l’Aveyron à 109 % à Paris. Lors d’une intervention, plusieurs professionnels peuvent aussi facturer.
L’OPTAM modère les tarifs sans supprimer chaque dépassement
L’OPTAM engage le médecin sur des objectifs de tarifs et d’activité, sans fixer un prix identique pour chaque acte. En 2024, la moitié des spécialistes y adhéraient, mais seulement un quart des ophtalmologues.
Le niveau de couverture reste déterminant
L’OPTAM peut améliorer la prise en charge. Le fonctionnement d’une mutuelle à 200 % de la BRSS mérite cependant son propre calcul : « 200 % » ne signifie pas 200 % du prix payé.
Comment anticiper le dépassement avant de consulter un spécialiste ?
Une moyenne nationale ne prédit pas vos honoraires : vérifiez le statut du médecin et le prix annoncé.
L’Annuaire santé pour vérifier secteur et adhésion à l’OPTAM
L’Annuaire santé d’ameli.fr indique le secteur du praticien, son adhésion éventuelle à l’OPTAM et ses principaux tarifs.
Les mentions à contrôler avant le rendez-vous
Si l’acte prévu n’apparaît pas, demandez son prix. La définition complète du dépassement d’honoraires distingue par ailleurs supplément, ticket modérateur et reste à charge.
L’information écrite obligatoire à partir de 70 euros de dépassement
À partir de 70 euros de dépassement, le professionnel doit remettre une information écrite préalable. Le seuil ne porte pas sur le prix total de l’acte.
Un prix à demander même sous le seuil légal
Sous ce seuil, demandez tout de même le tarif. Avant une opération, faites préciser séparément les honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste.
