En assurance de prêt immobilier, le taux d'invalidité est le pourcentage qui mesure les séquelles permanentes d'une maladie ou d'un accident. C'est lui qui décide si votre assureur prend en charge vos mensualités : en général, à partir de 33 % avec la garantie IPP et à partir de 66 % avec la garantie IPT. Ce taux est fixé par le médecin-conseil de l'assureur selon le barème de votre contrat, et il peut être différent de celui retenu par la Sécurité sociale ou la MDPH.
Sommaire :
- Qu'est-ce que le taux d'invalidité en assurance de prêt ?
- Taux d'invalidité et garanties : à partir de quel taux l'assurance rembourse ?
- Comment l'assureur calcule-t-il le taux d'invalidité ?
- Assurance de prêt, Sécurité sociale, MDPH : trois taux différents
- Comment se déroule l'expertise médicale ?
- Peut-on contester le taux d'invalidité retenu ?
- Bien choisir son contrat pour être protégé en cas d'invalidité
- Nos guides sur le taux d'invalidité
- Questions fréquentes sur le taux d'invalidité en assurance de prêt
Qu'est-ce que le taux d'invalidité en assurance de prêt ?
Le taux d'invalidité exprime, en pourcentage, la réduction durable de vos capacités après une maladie ou un accident. En assurance de prêt immobilier, il conditionne la mise en jeu des garanties invalidité : sans taux suffisant, aucune indemnisation n'est versée à ce titre.
- Il est évalué après consolidation, c'est-à-dire lorsque votre état de santé n'est plus susceptible d'évoluer de manière significative. Avant, c'est en général la garantie incapacité temporaire de travail (ITT) qui prend en charge vos mensualités.
- Il est fixé par le médecin-conseil de l'assureur, à partir de votre dossier médical et, si besoin, d'un examen.
- Il est contractuel : il dépend des définitions et du barème de votre notice d'assurance.
Taux d'invalidité et garanties : à partir de quel taux l'assurance rembourse ?
| Taux d'invalidité retenu | Garantie concernée | Prise en charge habituelle |
|---|---|---|
| Moins de 33 % | Aucune | Pas d'indemnisation au titre de l'invalidité |
| De 33 % à moins de 66 % | IPP, si souscrite | Partielle : (taux − 33) / 33 de la prestation IPT |
| 66 % et plus | IPT | Totale : mensualités assurées ou capital restant dû selon le contrat |
| Besoin d'une tierce personne | PTIA | Remboursement du capital restant dû |
Exemple : pour une mensualité assurée de 1 000 €, un taux d'invalidité de 50 % ouvre droit, avec la formule IPP la plus courante, à une prise en charge d'environ 515 € par mois ((50 − 33) / 33). À 70 %, la garantie IPT prend en charge la totalité des 1 000 €.
Dans tous les cas, l'assureur intervient dans la limite de la quotité assurée : avec une quotité de 50 %, la prise en charge IPT d'une mensualité de 1 000 € est de 500 €.
Comment l'assureur calcule-t-il le taux d'invalidité ?
La plupart des contrats évaluent deux taux, puis les combinent :
- le taux d'invalidité fonctionnelle : l'atteinte physique ou psychique, indépendamment de votre métier. Il s'appuie souvent sur un barème médical de référence, comme celui du Concours médical ;
- le taux d'invalidité professionnelle : l'incapacité à exercer votre profession, compte tenu de vos gestes, de vos horaires et de vos conditions de travail ;
- le taux global : obtenu en croisant les deux dans un tableau à double entrée, le barème croisé, qui figure dans la notice.
Une même séquelle peut donc donner des taux très différents selon le métier : une raideur de l'épaule pèse peu pour un employé de bureau, mais peut empêcher un couvreur de travailler. Pour le détail du calcul : taux d'invalidité fonctionnelle ou professionnelle et comment calculer le taux d'invalidité.
Assurance de prêt, Sécurité sociale, MDPH : trois taux différents
| Organisme | Ce qui est évalué | Effet |
|---|---|---|
| Assureur de prêt | Taux contractuel, selon le barème de la notice | Déclenche l'IPP, l'IPT ou la PTIA |
| Assurance Maladie | Capacité de gain, classement en catégorie 1, catégorie 2 ou catégorie 3 | Pension d'invalidité |
| MDPH | Taux d'incapacité lié au handicap | AAH, carte mobilité inclusion… |
Comment se déroule l'expertise médicale ?
- 1Déclarer le sinistreInformez l'assureur dans les délais prévus au contrat, en général dès la consolidation ou la notification de l'Assurance Maladie.
- 2Constituer le dossier médicalTransmettez sous pli confidentiel au médecin-conseil : certificats, comptes rendus opératoires et d'hospitalisation, examens d'imagerie, avis du médecin du travail, justificatifs de votre activité.
- 3Passer l'examenLe médecin-conseil peut vous convoquer et demander des examens complémentaires. Vous pouvez vous faire accompagner par le médecin de votre choix.
- 4Recevoir la décisionL'assureur fixe le taux et vous indique la prise en charge : IPT, IPP ou refus.
Peut-on contester le taux d'invalidité retenu ?
- Demander les motifs médicaux de la décision, directement ou par l'intermédiaire de votre médecin.
- Demander une contre-expertise, réalisée par un médecin que vous choisissez, en général à vos frais.
- Recourir à un troisième médecin, si le contrat prévoit une procédure d'arbitrage : son avis départage les deux experts.
- Saisir le médiateur de l'assurance après une réclamation écrite, puis le tribunal judiciaire, qui peut ordonner une expertise judiciaire.
Bien choisir son contrat pour être protégé en cas d'invalidité
Deux contrats au même prix peuvent offrir une protection très différente en cas d'invalidité. Avant de signer, vérifiez :
- le barème utilisé : un contrat qui tient compte de votre profession vous protège mieux qu'un barème uniquement fonctionnel ;
- la présence de l'IPP : sans elle, un taux de 50 % ne donne droit à rien ;
- les exclusions, notamment les maladies non objectivables (dos, troubles psychiques), souvent exclues sauf hospitalisation ou intervention chirurgicale, et leur rachat ;
- le mode d'indemnisation : le mode forfaitaire ne tient pas compte de vos revenus, le mode indemnitaire déduit vos autres prestations ;
- la limite d'âge des garanties invalidité, souvent entre 65 et 70 ans.
La délégation d'assurance vous permet de choisir un contrat plus protecteur que celui de votre banque, et la loi Lemoine de changer à tout moment, à garanties équivalentes. Comparez les offres d'assurance de prêt.
Questions fréquentes sur le taux d'invalidité en assurance de prêt
À partir de quel taux d'invalidité l'assurance de prêt rembourse-t-elle ?
Dans la plupart des contrats, la garantie IPP intervient à partir de 33 % et la garantie IPT à partir de 66 %. En dessous de 33 %, aucune prise en charge n'est prévue au titre de l'invalidité. Les seuils exacts figurent dans la notice de votre contrat.
Qui fixe le taux d'invalidité en assurance de prêt ?
C'est le médecin-conseil mandaté par l'assureur, après consolidation de votre état de santé, en appliquant le barème prévu au contrat. Il n'est pas lié par le taux ou la catégorie retenus par la Sécurité sociale ou la MDPH.
Une invalidité catégorie 2 de la Sécurité sociale donne-t-elle droit à la garantie IPT ?
Pas automatiquement. La catégorie 2 et la garantie IPT reposent sur des critères différents : l'assureur applique son propre barème. Une invalidité catégorie 2 est un élément favorable, mais l'IPT n'est due que si le taux contractuel atteint en général 66 %.
Comment est calculée l'indemnisation en IPP ?
Selon une formule courante, l'indemnisation est égale à (taux d'invalidité − 33) / 33 de la prestation prévue en IPT. Par exemple, avec un taux de 50 %, l'assureur prend en charge environ 52 % de la mensualité assurée. Chaque contrat fixe sa propre règle.
Quelle différence entre taux d'invalidité fonctionnelle et professionnelle ?
Le taux fonctionnel mesure l'atteinte physique ou psychique, quelle que soit la profession. Le taux professionnel mesure l'incapacité à exercer votre métier. Beaucoup de contrats combinent les deux dans un barème croisé.
Peut-on contester le taux d'invalidité fixé par l'assureur ?
Oui. Vous pouvez demander une contre-expertise avec le médecin de votre choix, puis l'avis d'un troisième médecin si le contrat le prévoit. En cas de désaccord persistant, il reste la réclamation, le médiateur de l'assurance et le tribunal.
