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Assurance de prêt kung-fu

Article écrit par

Astrid Cousin

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Magnolia.fr

L’assurance de prêt kung-fu désigne l’assurance emprunteur souscrite par un pratiquant de kung-fu pour garantir son crédit immobilier. Or le terme recouvre plusieurs disciplines, du taolu au sanda, avec ou sans opposition et compétition. Pour l’assureur, cette distinction peut modifier l’analyse du risque.

Déclarer simplement « kung-fu » ne décrit donc pas nécessairement votre pratique. Deux licenciés peuvent s’entraîner dans la même fédération tout en présentant des niveaux d’exposition très différents. Le type de pratique, le contact et la compétition deviennent alors des informations déterminantes.

Pourquoi le kung-fu ne se traite-t-il pas comme un seul sport ?

Le mot kung-fu recouvre des pratiques différentes. Avant d'évaluer les conditions d'assurance, il faut donc identifier ce que vous pratiquez réellement.

Le wushu regroupe plusieurs formes de pratique

Le wushu désigne un ensemble de pratiques martiales chinoises. Dans le cadre fédéral français, il comprend notamment des disciplines de taolu et de combat. La Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA) encadre aujourd'hui cette discipline et organise des compétitions correspondant à ces différentes formes de pratique. (FFKDA)

Le taolu privilégie les enchaînements techniques

Le taolu repose sur l'exécution de formes codifiées et d'enchaînements techniques. La dimension démonstrative et sportive y occupe une place centrale.

Un pratiquant peut ainsi participer à des compétitions sans être engagé dans des combats directs avec un adversaire. Cette caractéristique distingue nettement cette pratique d'un sport de combat fondé sur l'affrontement.

Le sanda repose sur l’opposition entre adversaires

Le sanda, également appelé sanshou, correspond à une pratique de combat du wushu. L'opposition est directe et les techniques autorisées comprennent notamment des frappes et des projections.

Pour l'assurance emprunteur, cette différence n'est pas anodine. Un dossier mentionnant simplement « kung-fu » ne permet pas nécessairement de savoir si vous pratiquez des formes techniques ou si vous combattez réellement.

Quels éléments de votre pratique peuvent modifier l’analyse de l’assureur ?

Une fois le style identifié, d'autres informations peuvent préciser le niveau d'exposition. Il n'existe pas de barème public permettant de transformer automatiquement ces éléments en pourcentage de surprime.

La fréquence et le niveau de pratique précisent le profil sportif

Deux personnes peuvent pratiquer le même style avec des contraintes très différentes.

Un entraînement hebdomadaire de loisir n'a pas nécessairement les mêmes caractéristiques qu'une préparation intensive plusieurs fois par semaine. Le niveau, la fréquence des séances et l'objectif poursuivi peuvent donc faire partie des éléments permettant de caractériser la pratique.

Les questionnaires consacrés aux sports à risque peuvent notamment porter sur la fréquence, le niveau et les conditions d'exercice.

Une pratique de loisir et une pratique intensive ne présentent pas le même contexte

La mention « kung-fu » reste donc insuffisante si elle ne permet pas de savoir comment vous pratiquez.

Il est plus pertinent de préciser votre discipline, votre fréquence d'entraînement et, lorsqu'elle existe, votre participation à des compétitions.

Le contact et la compétition changent la nature de l’exposition

Le point déterminant devient particulièrement visible lorsqu'il existe une opposition physique.

Un entraînement sans contact, des exercices techniques avec un partenaire, du sparring et un combat officiel ne correspondent pas aux mêmes situations.

Le sparring et les combats doivent être distingués des formes sans opposition

Cette précision peut avoir son importance dans un questionnaire sportif. Elle permet à l'assureur de ne pas assimiler automatiquement toutes les pratiques regroupées sous le terme « kung-fu » à un sport de combat avec affrontement.

La compétition constitue également une information distincte. Elle renseigne sur le niveau de pratique et sur les conditions dans lesquelles vous exercez votre discipline.

Que peut décider l’assureur pour un pratiquant de kung-fu ?

Une pratique sportive ne conduit pas automatiquement à une surprime ou à une exclusion. La réponse dépend de l'analyse du dossier et des critères retenus par l'assureur.

L’assurance peut être proposée aux conditions standard

Lorsque la pratique déclarée ne conduit pas l'assureur à considérer que le risque nécessite une adaptation, le contrat peut être proposé dans les conditions prévues pour les autres emprunteurs présentant un profil comparable.

Il serait toutefois imprudent d'affirmer qu'un style particulier bénéficie systématiquement d'une absence de surprime. Les assureurs n'appliquent pas tous nécessairement les mêmes règles.

Une surprime ou une exclusion peut aussi être envisagée

Selon les caractéristiques déclarées, l'assureur peut proposer une modification du tarif ou une exclusion portant sur certains risques.

Le niveau de contact, la compétition ou certaines conditions de pratique peuvent notamment entrer dans l'analyse. Mais aucun pourcentage universel ne permet de dire qu'un pratiquant de sanda paiera, par exemple, 50 % ou 100 % plus cher.

Le niveau de contact et la compétition peuvent peser dans l’évaluation

La bonne question n'est donc pas « combien coûte le kung-fu ? », mais plutôt « comment ma pratique précise est-elle prise en compte dans le contrat proposé ? ».

Cette nuance évite de confondre les différents styles et de présenter comme une règle générale une décision qui relève de l'appréciation d'un assureur.

Comment déclarer correctement votre pratique du kung-fu ?

Un questionnaire sportif sert à caractériser l'activité exercée. Plus votre réponse correspond à votre pratique réelle, moins le terme générique « kung-fu » risque de masquer une différence importante.

Le style pratiqué doit être clairement identifié

Préciser « kung-fu traditionnel », « taolu » ou « sanda » apporte davantage d'informations que le seul nom de l'art martial.

La FFKDA distingue elle-même plusieurs pratiques au sein du wushu. Ses compétitions et documents fédéraux permettent ainsi de différencier les disciplines et leurs modalités. (FFKDA)

Taolu, kung-fu traditionnel et sanda ne doivent pas être confondus

Cette précision est particulièrement utile lorsque votre pratique comporte ou non une opposition.

Si vous pratiquez uniquement des formes, il est préférable que le questionnaire puisse le faire apparaître. Si vous participez à des combats, cette information doit également être identifiable.

Le niveau de contact et la compétition doivent être précisés

La fréquence des entraînements, le niveau de pratique et la participation à des compétitions peuvent compléter la description.

Une déclaration précise évite d’assimiler toute pratique au combat

Dire simplement « je fais du kung-fu » peut laisser de côté des informations utiles à l'évaluation. À l'inverse, présenter une pratique de formes comme un sport de combat avec opposition donnerait une image tout aussi inexacte.

La règle est donc simple : décrire ce que vous pratiquez réellement, dans les termes demandés par le questionnaire.

Que se passe-t-il si votre pratique du kung-fu évolue pendant le prêt ?

La pratique sportive peut évoluer après la souscription du crédit. Un pratiquant peut commencer la compétition, augmenter fortement son volume d'entraînement ou passer d'une pratique sans opposition à une discipline de combat.

Un changement de pratique peut modifier la description du risque

Une nouvelle activité ne correspond pas nécessairement à la pratique déclarée plusieurs années auparavant.

Le passage à la compétition constitue une évolution à ne pas banaliser

Le passage d'une pratique de loisir à des compétitions de sanda, par exemple, change les conditions dans lesquelles l'activité est exercée.

Il convient alors de vérifier ce que prévoit le contrat et les éventuelles obligations de déclaration qui lui sont associées, plutôt que de considérer que toutes les pratiques du kung-fu sont équivalentes.

Une fausse déclaration intentionnelle peut avoir des conséquences contractuelles

L'article L113-8 du Code des assurances prévoit la nullité du contrat en cas de réticence ou de fausse déclaration intentionnelle lorsque celle-ci modifie l'objet du risque ou en diminue l'appréciation par l'assureur. (Code des assurances, article L113-8)

La déclaration doit correspondre aux informations demandées

Il ne s'agit donc pas de déclarer spontanément chaque détail de votre vie sportive en dehors de tout questionnaire. En revanche, lorsqu'une information est demandée pour apprécier l'activité pratiquée, elle doit être renseignée avec exactitude.

Le kung-fu relève-t-il de la convention AERAS ?

Le terme « risque aggravé » est parfois utilisé pour parler de toute activité sportive susceptible d'inquiéter un assureur. Il faut pourtant distinguer le risque sportif du risque aggravé de santé au sens de la convention AERAS.

Un sport à risque n’est pas automatiquement un risque aggravé de santé

La convention AERAS précise que l'accroissement du risque lié notamment à la pratique d'un sport à risque ne constitue pas, à lui seul, un risque aggravé de santé au sens de la convention. (AERAS)

La pratique sportive et le risque médical répondent à deux analyses différentes

La seule pratique du kung-fu ne suffit donc pas à faire entrer un dossier dans le dispositif AERAS.

Cette distinction permet d'éviter un raccourci fréquent entre « sport potentiellement risqué » et « risque aggravé de santé ».

Une difficulté médicale relève d’une autre analyse

AERAS concerne les personnes présentant ou ayant présenté un risque de maladie ou de décès supérieur à celui d'une population de référence.

Un problème médical éventuellement rencontré lors de la souscription doit donc être distingué de la pratique sportive elle-même. La convention peut s'appliquer selon les critères prévus, indépendamment du fait que l'emprunteur pratique ou non le kung-fu. (AERAS)

FAQ sur l’assurance de prêt kung-fu