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Quotité 60/40 : comment ça fonctionne ?

Article écrit par

Astrid Cousin

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Magnolia.fr

Quotité 60/40 : comment ça fonctionne ? Cette répartition de l’assurance emprunteur consiste à couvrir le prêt immobilier à hauteur de 60 % pour un co-emprunteur et de 40 % pour l’autre. En cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité selon les garanties prévues au contrat, l’assurance intervient dans la limite de la quotité attribuée à l’emprunteur concerné. La dette n’est donc pas couverte de la même manière pour les deux co-emprunteurs, ce qui peut avoir une incidence directe sur le montant restant à rembourser.

Avec une quotité 60/40, la question essentielle est de savoir ce que cette répartition implique réellement lorsque l’un des deux emprunteurs subit un sinistre couvert. Sur un même crédit, la part prise en charge par l’assurance de prêt peut ainsi différer selon l’emprunteur concerné. Comprendre le calcul permet donc d’évaluer précisément la protection du foyer et le montant du prêt susceptible de rester à rembourser.

La quotité 60/40 répartit différemment la couverture entre les deux emprunteurs

La quotité 60/40 correspond à une répartition de l’assurance du prêt entre deux co-emprunteurs. Les 60 % et 40 % indiquent la part du capital assurée sur la tête de chacun, indépendamment de la façon dont vous répartissez les mensualités du crédit. 

Une couverture de 60 % pour un emprunteur et de 40 % pour l’autre

Avec une quotité 60/40, le premier emprunteur est assuré à hauteur de 60 % du prêt et le second à hauteur de 40 %. Cette répartition concerne la couverture du crédit en cas de sinistre garanti. Elle ne signifie donc pas que l’un paie 60 % des mensualités et l’autre 40 %. Prenons par exemple un prêt immobilier de 250 000 €. Si le contrat prévoit une quotité de 60/40, la part assurée est théoriquement répartie tel que suit :

Élément

Emprunteur 1

Emprunteur 2

Quotité d’assurance

60 %

40 %

Capital assuré sur le montant initial

150 000 €

100 000 €

Part totale assurée

60 %

40 %

La part assurée dépend du capital couvert

La quotité s’applique au capital effectivement assuré. Elle permet ainsi de déterminer la fraction du prêt susceptible d’être prise en charge lorsque l’un des risques prévus au contrat survient. Dans le cadre de l’assurance de prêt par types de prêt, les modalités de couverture peuvent varier selon le financement concerné et les garanties souscrites.

L’assurance emprunteur peut notamment garantir le remboursement de tout ou partie des échéances ou du capital restant dû selon l’événement couvert et les modalités du contrat.

Pour un prêt de 250 000 €, une quotité de 60 % correspond donc à une couverture de 150 000 € sur le capital initial, tandis que 40 % représentent 100 000 €. Cette lecture permet de comprendre immédiatement l’enjeu d’une quotité assurance de prêt, puisqu’elle détermine la proportion du financement protégée pour chaque co-emprunteur.

L’indemnisation dépend de la quotité attribuée à l’emprunteur

La conséquence concrète d'une quotité 60/40 apparaît lorsqu'un sinistre couvert survient. Le montant pris en charge dépend alors de la quotité de l'emprunteur concerné, du capital restant dû et des garanties prévues par son assurance.

Un sinistre couvert déclenche une prise en charge proportionnelle

Si l'emprunteur assuré à 60 % est concerné par un événement garanti, l'assurance intervient à hauteur de cette quotité, sous réserve des conditions du contrat. Pour un capital restant dû de 200 000 €, une prise en charge correspondant à 60 % représenterait 120 000 €, tandis que les 40 % restants, soit 80 000 €, ne seraient pas couverts par cette garantie au titre de cette seule quotité.

Le même raisonnement s'applique à l'emprunteur assuré à 40 %. Dans ce cas, la couverture théorique serait de 80 000 € sur un capital restant dû de 200 000 €. Le montant effectivement versé peut toutefois dépendre de la nature du sinistre, de la garantie mobilisée et des éventuelles exclusions prévues au contrat. Pour rappel, en cas de décès, l'assureur verse au prêteur le capital restant dû au jour du décès, sous réserve des conditions et exclusions contractuelles.

Le capital restant dû détermine le montant réellement couvert

La quotité ne s'applique donc pas nécessairement au montant initial emprunté au moment où l'assurance intervient. Pour un prêt amortissable, le capital diminue au fil des remboursements. Il faut ainsi regarder le capital restant dû au moment du sinistre, puis appliquer la quotité correspondante.

Situation au moment du sinistre

Capital restant dû

Quotité concernée

Prise en charge théorique*

Emprunteur 1

200 000 €

60 %

120 000 €

Emprunteur 2

200 000 €

40 %

80 000 €

Total

200 000 €

100 %

200 000 €

Exemple simplifié, hors conditions, franchises, exclusions et modalités spécifiques du contrat.

Cette distinction est essentielle, car la quotité 60/40 ne signifie pas que l'assureur rembourse automatiquement 60 % ou 40 % de n'importe quelle facture. La prise en charge dépend de la garantie activée et de son mode d'indemnisation. D’ailleurs, certains contrats fonctionnent selon un mode forfaitaire, tandis que d'autres appliquent une indemnisation liée à la perte de revenus.

Bon à savoir :Le tableau d'amortissement permet de suivre l'évolution du capital restant dû au fil du prêt.

Les effets d’une quotité 60/40 sur un prêt

Pour comprendre concrètement une quotité 60/40, il suffit de l’appliquer au montant du prêt. La répartition indique la part du financement assurée pour chacun des co-emprunteurs. La fiche personnalisée remise par le prêteur précise justement les quotités retenues pour chaque garantie. 

Cas d’un prêt de 200 000 euros 

Prenons deux co-emprunteurs ayant souscrit ensemble un crédit immobilier de 200 000 €, avec une quotité de 60/40. La répartition théorique du capital assuré est alors celle que présente le tableau suivant : 

Élément

Emprunteur à 60 %

Emprunteur à 40 %

Quotité

60 %

40 %

Capital initial correspondant

120 000 €

80 000 €

Part du financement assurée

60 %

40 %

La quotité ne correspond donc pas à la répartition des mensualités entre les co-emprunteurs. Elle détermine la hauteur à laquelle chacun est assuré. Les montants sur ce tableau correspondent à une lecture théorique sur le capital initial. Le montant effectivement pris en charge lors d'un sinistre dépend notamment du capital restant dû et des garanties prévues au contrat.

Le reste du crédit dépend de l’emprunteur concerné

La différence entre 60 % et 40 % devient surtout visible lorsqu’une garantie est déclenchée. Si le capital restant dû est de 160 000 € au moment du sinistre, une prise en charge correspondant à 60 % représenterait théoriquement 96 000 €, contre 64 000 € pour une quotité de 40 %. La logique est donc simple : plus la quotité attribuée à un emprunteur est élevée, plus la part du capital susceptible d’être couverte à son titre est importante.

La quotité assurance de prêt permet ainsi de déterminer la répartition de la couverture entre les co-emprunteurs. Toutefois, il faut éviter de considérer ce calcul comme une indemnisation automatique. L’assurance emprunteur peut couvrir totalement ou partiellement les mensualités selon les risques garantis et les modalités contractuelles.

Cette différence permet aussi de comprendre pourquoi une quotité 70/30 modifierait mécaniquement les montants assurés pour chacun, sans changer le principe général de calcul.

La pertinence d’une quotité 60/40 dépend de la situation des co-emprunteurs

Une quotité 60/40 n'est pas seulement une répartition mathématique. Elle doit correspondre à la situation des deux emprunteurs et au niveau de protection recherché pour le crédit. Le CCSF souligne d'ailleurs l'importance d'une meilleure lisibilité des contrats d'assurance emprunteur, notamment pour permettre aux assurés de mieux comprendre les garanties dont ils bénéficient. 

Une répartition adaptée à des capacités financières différentes

Une couverture différente peut être cohérente lorsque les deux co-emprunteurs n'ont pas la même situation financière. Par exemple, si l'un dispose de revenus sensiblement supérieurs et assume une part plus importante des échéances, une quotité supérieure peut être envisagée sur sa tête.

La logique consiste alors à mettre en adéquation la protection du prêt avec la situation des emprunteurs. Toutefois, la quotité d'assurance et la contribution réelle aux mensualités restent deux notions distinctes. Une répartition 60/40 ne signifie donc pas, à elle seule, que les échéances doivent être payées selon la même proportion. 

Le choix doit surtout tenir compte des conséquences financières d'un sinistre pour le foyer. Une couverture plus importante sur l'un des co-emprunteurs peut réduire davantage le capital restant à rembourser si la garantie concernée est déclenchée.

Le contrat doit être vérifié avant de retenir cette répartition

Avant de retenir une quotité 60/40, vous devez vérifier précisément ce qui figure dans la fiche personnalisée et le contrat. La première précise notamment les risques à garantir et la quotité associée à chaque garantie. Plusieurs éléments méritent donc d'être contrôlés :

  • La quotité attribuée à chaque emprunteur,
  • Les garanties auxquelles cette quotité s'applique, 
  • Les modalités d'indemnisation,
  • Les éventuelles exclusions et limitations, 
  • Les conséquences financières pour le co-emprunteur en cas de sinistre. 
Bon à savoir :Le CCSF a publié en juin 2026 un avis visant notamment à améliorer la lisibilité des contrats d'assurance emprunteur. 

Le choix d'une quotité doit donc être apprécié au regard du financement, de la situation des co-emprunteurs et des garanties réellement souscrites, plutôt qu'à partir du seul pourcentage affiché. Une configuration à 100/0, par exemple, obéit à une logique très différente. 

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