Questionnaire Sante

IMC et rapport taille-poids dans le questionnaire d'assurance de prêt

Article écrit par

Astrid Cousin

Responsable contenu

Magnolia.fr

Lorsque vous souscrivez une assurance de prêt immobilier, vous devez remplir un questionnaire de santé. Parmi les informations demandées figurent systématiquement votre taille et votre poids. Ces 2 données permettent à l'assureur de calculer votre Indice de Masse Corporelle (IMC) ainsi que votre rapport taille-poids, 2 indicateurs médicaux qui influencent directement les conditions de votre contrat.

Beaucoup d'emprunteurs ignorent l'importance de ces données et sont surpris de se voir appliquer une surprime ou une exclusion de garantie. Cet article vous explique en détail comment fonctionne l'évaluation de votre profil corporel par les assureurs, ce que vous pouvez faire pour optimiser votre dossier.

Qu’est-ce que l'IMC (Indice de Masse Corporelle) ? Définition et calcul

Comment calculer son IMC ?

L'Indice de Masse Corporelle, ou IMC, est un indicateur simple permettant d'évaluer la corpulence d'un individu en fonction de sa taille et de son poids. La formule est la suivante :

IMC = Poids (en kg) ÷ Taille² (en mètres)

Exemple : une personne de 75 kg mesurant 1,75 m aura un IMC de 75 ÷ (1,75 × 1,75) = 24,5.

Les catégories d'IMC selon l'OMS

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini les seuils suivants :

  • IMC < 18,5 : Insuffisance pondérale (maigreur)
  • IMC entre 18,5 et 24,9 : Corpulence normale
  • IMC entre 25 et 29,9 : Surpoids
  • IMC entre 30 et 34,9 : Obésité modérée (classe I)
  • IMC entre 35 et 39,9 : Obésité sévère (classe II)
  • IMC ≥ 40 : Obésité morbide (classe III)

Voici un tableau synthétique de l’IMC selon la taille :

Catégorie de poids

Normal (18,5-24,9)

Surpoids (25-29)

Obésité catégorie I (30-34)

Obésité catégorie II (35-39)

Obésité catégorie III (≥ 40)

Taille (cm)

Poids corporel (kg)

 Poids corporel (kg)

 Poids corporel (kg)

 Poids corporel (kg)

 Poids corporel (kg)

152-155

44-58

58-69

69-82

81-93

>93

156-160

47-61

62-74

74-87

87-100

>100

161-165

50-65

66-79

79-93

93-106

>106

166-170

54-69

70-84

84-98

98-113

>113

170-175

57-74

74-89

89-104

104-119

>119

176-180

60-78

78-94

94-110

110-127

>127

181-185

64-83

83-99

99-117

117-134

>134

186-190

67-87

87-105

105-123

123-141

>141

193

71-89

89-108

108-127

127-145

>145

Les limites de l'IMC

L'IMC est un outil pratique mais imparfait. Il ne distingue pas la masse grasse de la masse musculaire, et peut surestimer la corpulence chez les sportifs ou sous-estimer celle des personnes âgées. Comme il ne tient pas compte de la composition corporelle, cela peut conduire à des interprétations erronées dans certains cas :

  • Les sportifs très musclés peuvent avoir un IMC élevé sans excès de masse grasse.
  • Les personnes âgées peuvent avoir un IMC normal avec un pourcentage élevé de graisse viscérale.
  • Les femmes accumulent naturellement plus de masse grasse que les hommes pour un même IMC.
  • L'origine ethnique peut modifier les seuils de risque cardiovasculaire associés à l'IMC.

Les assureurs le savent et peuvent demander des informations complémentaires pour affiner leur évaluation.

Qu’est-ce que le rapport taille-poids ?

Le rapport taille-poids, un indice complémentaire à l’IMC

Le rapport taille-poids mesure le rapport entre le tour de taille et la taille totale. Il est considéré par de nombreux médecins comme un meilleur prédicteur des risques cardiovasculaires et métaboliques que l'IMC seul.

La formule est : Rapport taille-poids = Tour de taille (cm) ÷ Taille (cm)

Un résultat inférieur à 0,5 est généralement considéré comme sain. Au-delà, le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 et d'hypertension augmente significativement.

Comment interpréter le rapport tour de taille-poids

  • < 0,40 : Poids insuffisant ou risque de dénutrition
  • 0,40 – 0,49 : Plage idéale (faible risque)
  • 0,50 – 0,59 : Risque modéré (surpoids)
  • 0,60 : Risque élevé (obésité abdominale)

Plus précis que l'IMC, le rapport tour de taille-poids cible la graisse viscérale (abdominale) liée aux maladies cardiaques et au diabète.

Pourquoi les assureurs s'intéressent-ils à l’IMC et au rapport taille-poids ?

Les assureurs cherchent à évaluer le risque de sinistre à long terme. Or, l'obésité abdominale (excès de graisse autour du ventre) est particulièrement associée à :

  • Un risque accru d'infarctus du myocarde et d'AVC
  • L'apparition du diabète de type 2
  • Des troubles respiratoires comme l'apnée du sommeil
  • Des pathologies articulaires chroniques
  • Une mortalité prématurée plus élevée.

En combinant l'IMC et le rapport taille-poids, l'assureur obtient une image plus précise du profil de risque de l'emprunteur.

Comment les assureurs utilisent l’IMC et le rapport taille-poids dans le questionnaire de santé ?

La segmentation des profils

Chaque compagnie d'assurance dispose de grilles tarifaires propres. Néanmoins, les pratiques convergent vers des seuils communs :

  • IMC inférieur à 30 : profil standard, aucune surprime liée au poids.
  • IMC entre 30 et 34,9 : risque modéré, parfois une surprime légère est appliquée selon les assureurs.
  • IMC entre 35 et 39,9 : risque aggravé, surprime plus fréquente, parfois questionnaire médical approfondi requis.
  • IMC supérieur à 40 : risque élevé, surprime significative voire refus d'assurance dans certains cas.

Les surprimes appliquées au profil poids

Lorsqu'un assureur considère que le profil morphologique de l'emprunteur représente un risque aggravé, il peut :

  • Appliquer une surprime d’assurance de prêt sur le taux de la cotisation (de 10 % à plus de 100 % selon le niveau de risque).
  • Introduire une exclusion de garantie sur certaines affections liées à l'obésité (maladies cardiovasculaires, diabète, etc.).
  • Demander un bilan médical complémentaire : bilan sanguin, bilan cardiologique, examen du médecin-conseil, test d’effort.
  • Dans les cas extrêmes, refuser les garanties incapacité et invalidité.

Le rôle du médecin-conseil de l'assureur

Au-delà d'un certain seuil d'IMC ou en présence d'autres facteurs de risque, le dossier est transmis à un médecin-conseil mandaté par la compagnie. Ce professionnel évalue l'ensemble du dossier médical et peut demander :

  • Un questionnaire médical détaillé
  • Des examens biologiques récents (glycémie, cholestérol, triglycérides)
  • Un électrocardiogramme ou un bilan cardiaque
  • Un compte rendu de consultation médicale récent

Quelles stratégies pour optimiser son dossier d'assurance emprunteur avec un IMC élevé ?

Anticiper en amont du projet immobilier

Si vous envisagez un achat immobilier dans les 12 à 24 mois à venir et que votre IMC est élevé, il peut être judicieux de :

  • Consulter votre médecin généraliste pour un bilan de santé complet avant de soumettre votre questionnaire.
  • Entreprendre une démarche de perte de poids sous suivi médical : même une réduction modérée de l'IMC peut changer de catégorie de risque.
  • Traiter les comorbidités associées à l'excès de poids (équilibrer un diabète, contrôler une hypertension) afin de présenter un profil moins risqué.
  • Collecter des bilans médicaux récents et favorables à joindre au dossier d'assurance.

Comparer les offres d'assurance emprunteur

Les grilles tarifaires varient considérablement d'un assureur à l'autre, en particulier pour les profils atypiques. Il est donc fortement conseillé de :

  • Faire appel à un courtier en assurance emprunteur spécialisé pour les profils à risque aggravé.
  • Comparer au minimum 3 à 5 offres avant de choisir.
  • Vérifier les exclusions de garantie proposées : une surprime sans exclusion peut être préférable à un contrat sans surprime mais avec de nombreuses exclusions.
  • Examiner attentivement les garanties : certains contrats alternatifs sont plus souples sur les critères morphologiques.

Comprendre et contester une décision de l'assureur

Comment lire une décision de surprime ou d'exclusion pour cause d’IMC élevé ?

Lorsque l'assureur vous communique sa décision, il doit préciser :

  • Le taux de surprime appliqué et les motifs médicaux invoqués
  • Les exclusions de garantie spécifiques
  • Vos droits de recours et les délais applicables

Les recours possibles

Si vous estimez que la décision est injustifiée ou disproportionnée :

  • Demandez un réexamen du dossier en fournissant des éléments médicaux complémentaires.
  • Saisissez le médecin-conseil de l'assureur par écrit pour contester l'évaluation.
  • Faites appel à un médiateur : la Médiation de l'Assurance peut être saisie gratuitement en cas de litige.
  • Consultez la convention AERAS : si votre dossier a été refusé, vous avez le droit d'accéder au mécanisme de troisième niveau.
  • Faites-vous accompagner par un courtier ou un avocat spécialisé en droit des assurances.

Le droit à l'information médicale

Vous avez le droit de demander à votre médecin traitant de prendre connaissance des informations transmises au médecin-conseil de l'assureur. Cette transparence peut vous aider à identifier d'éventuelles erreurs ou imprécisions dans l'évaluation de votre profil.

Conseils pratiques pour mesurer correctement votre IMC et remplir votre questionnaire de santé assurance de prêt

Avant de soumettre votre questionnaire à l'assureur, voici une liste de précautions à respecter :

  • Pesez-vous le matin à jeun, sans chaussures ni vêtements lourds, pour obtenir votre poids réel.
  • Mesurez-vous correctement : dos droit, talons joints, tête droite.
  • Ne gonflez pas votre taille ni ne minimisez votre poids : l'exactitude protège vos droits.
  • Relisez attentivement chaque question avant de répondre.
  • Déclarez toutes les pathologies associées, même si elles vous semblent bénignes.
  • Joignez des bilans médicaux récents si vous souhaitez contextualiser votre état de santé.
  • Consultez un courtier avant de signer si votre IMC est supérieur à 30.
  • Vérifiez l'éligibilité à la loi Lemoine pour votre prêt spécifique.

Le questionnaire de santé d’assurance de prêt est une étape incontournable pour la majorité des emprunteurs immobiliers en France. L'IMC et le rapport taille-poids y occupent une place centrale, car ils constituent des indicateurs de risque reconnus par la médecine et utilisés par les assureurs pour tarifer leurs contrats.

Face à un profil corporel jugé à risque, vous n'êtes pas sans recours. La loi Lemoine a supprimé le questionnaire de santé pour de nombreux profils d'emprunteurs. La convention AERAS ouvre des droits aux personnes présentant un risque aggravé. Et la délégation d'assurance vous permet de comparer librement les offres pour trouver celle qui correspond le mieux à votre situation.

La clé réside dans la transparence, l'anticipation et le recours à des professionnels spécialisés. Un courtier en assurance emprunteur expérimenté connaît les grilles tarifaires de chaque compagnie et peut vous orienter vers les offres les plus compétitives, même si votre IMC est élevé

Vous souhaitez obtenir une simulation personnalisée d'assurance emprunteur en tenant compte de votre IMC et de votre profil de santé ? Consultez un courtier indépendant pour comparer les offres et bénéficier du meilleur tarif possible.