Souffrir d'un glaucome ou d'une dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) ne se résume pas à un suivi ophtalmologique régulier et à des traitements au long cours. Ces maladies chroniques de la vision peuvent également peser sur votre capacité à accéder au crédit immobilier dans de bonnes conditions.
Lors d'une demande de prêt, la souscription d'une assurance emprunteur est quasi systématiquement exigée par les établissements bancaires. Or, les pathologies oculaires évolutives comme le glaucome ou la DMLA entrent dans la catégorie des risques aggravés de santé : elles peuvent conduire à une majoration de cotisation, à l'exclusion de certaines garanties, voire, dans les cas les plus sévères, à un refus d'assurance.
Cet article vous guide à travers chaque étape : comprendre comment les assureurs évaluent le risque ophtalmologique, quelles garanties sécuriser en priorité, et comment optimiser votre demande pour obtenir les meilleures conditions possibles.
Glaucome et DMLA : deux pathologies oculaires aux profils distincts
Le glaucome, une maladie silencieuse du nerf optique
Le glaucome est une neuropathie optique progressive qui détruit les fibres du nerf optique, le plus souvent en lien avec une pression intraoculaire trop élevée. Sa particularité redoutable réside dans son évolution insidieuse : la maladie progresse pendant des années sans provoquer de douleur ni de symptôme perceptible, jusqu'à ce que des zones du champ visuel commencent à disparaître de façon irréversible.
On distingue principalement 2 formes :
- Le glaucome chronique à angle ouvert constitue la forme la plus répandue. Il touche environ 800 000 personnes en France et représente 90 % des cas. L'augmentation de la pression oculaire s'installe progressivement, sans aucun signe d'alerte, et la perte de vision périphérique n'est détectée qu'à un stade souvent avancé. Ce type de glaucome nécessite un traitement à vie par collyres hypotenseurs, parfois complété par une intervention laser ou chirurgicale.
- Le glaucome aigu à angle fermé, plus rare, se manifeste brutalement par une douleur oculaire intense, des rougeurs, une vision floue et des halos lumineux. C'est une urgence ophtalmologique qui, si elle n'est pas traitée rapidement, peut provoquer une cécité en quelques heures.
La DMLA, première cause de cécité après 50 ans
La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) est une maladie chronique qui détériore la macula, zone centrale de la rétine responsable de la vision fine et des détails. Elle touche principalement les personnes de plus de 50 ans et constitue la première cause de malvoyance sévère dans les pays industrialisés.
Il existe 2 formes de DMLA :
- La DMLA sèche ou atrophique progresse lentement sur des années. Les cellules de la macula dégénèrent progressivement, provoquant une perte de la vision centrale qui s'étend au fil du temps. Elle représente environ 85 à 90 % des cas de DMLA.
- La DMLA humide ou néovasculaire, moins fréquente mais plus agressive, est caractérisée par la prolifération anormale de vaisseaux sanguins sous la rétine qui peuvent saigner et cicatriser, entraînant une perte de vision rapide et sévère en l'absence de traitement. Les injections intravitréennes d'anti-VEGF constituent aujourd'hui le traitement de référence et permettent, dans de nombreux cas, de stabiliser voire d'améliorer la vision.
Quelles sont les conséquences concrètes d’un glaucome ou de la DMLA sur votre contrat d'assurance de prêt ?
À l'issue de l'instruction du dossier, plusieurs réponses sont possibles selon la sévérité de la pathologie et le profil global de l'emprunteur.
L'acceptation sans majoration tarifaire
Elle concerne principalement les glaucomes débutants bien équilibrés sous traitement local, avec un champ visuel conservé et une acuité normale, ainsi que les DMLA unilatérales précoces sans retentissement fonctionnel significatif. Ces profils, considérés comme peu différenciés du risque standard, peuvent accéder à une assurance aux tarifs habituels.
L'application d'une surprime
C'est le scénario le plus fréquent pour les maladies oculaires chroniques stabilisées. La majoration de cotisation varie en fonction de la sévérité : elle peut aller de 25 % à plus de 100 % selon l'atteinte fonctionnelle et son retentissement professionnel estimé.
Cette surprime d’assurance emprunteur s'applique le plus souvent sur les garanties incapacité et invalidité, les garanties décès étant moins systématiquement majorées.
L'exclusion de garantie
L'assureur accepte de couvrir l'emprunteur mais exclut expressément les sinistres dont la cause directe ou indirecte serait liée à la pathologie oculaire déclarée. Concrètement, un arrêt de travail consécutif à une complication de glaucome ou à une perte de vision liée à la DMLA ne donnerait lieu à aucune indemnisation. Cette exclusion peut être partielle (limitée à la garantie ITT qui couvre les arrêts de travail) ou étendue à l'ensemble des garanties incapacité-invalidité.
Le refus d'assurance
Bien que plus rare, il peut survenir en présence d'une cécité légale bilatérale installée, d'une malvoyance sévère avec inaptitude professionnelle reconnue, ou d'une combinaison de pathologies oculaires et d'autres affections graves. Dans cette situation, la convention AERAS (s’Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) devient le recours approprié (lire plus bas).
Comment déclarer son glaucome ou sa DMLA lors d’une demande d’assurance de prêt ?
L'obligation légale de sincérité
L'article L113-2 du Code des assurances impose à tout assuré de répondre honnêtement et précisément aux questions posées lors de la souscription. Cette obligation s'applique pleinement aux maladies oculaires chroniques comme le glaucome et la DMLA, qui doivent être mentionnées dès lors qu'un questionnaire de santé d’assurance de prêt est requis.
Une omission volontaire, même de bonne foi, ou une fausse déclaration en assurance de prêt expose à un risque de refus d’indemnisation ou de nullité du contrat. En cas de sinistre, si l'assureur découvre l'existence d'une pathologie non déclarée, il peut refuser de vous couvrir et vous laisser seul face à l'intégralité du capital restant dû.
Les informations à fournir sur votre pathologie oculaire
Pour instruire votre dossier, le médecin-conseil de l'assureur vous demandera de renseigner plusieurs aspects de votre situation médicale :
- Concernant le diagnostic : la date de détection de la maladie, l'œil ou les deux yeux concernés, le type précis de pathologie (glaucome à angle ouvert, DMLA sèche ou humide), et le stade actuel selon la classification ophtalmologique en vigueur.
- Concernant le traitement : les collyres prescrits pour le glaucome avec leur fréquence d'instillation, les éventuelles interventions laser (trabéculoplastie, iridotomie) ou chirurgicales (trabéculectomie, implants de drainage), le rythme des injections intravitréennes pour une DMLA humide, et tout changement thérapeutique récent.
- Concernant le suivi et les examens : la fréquence de vos consultations chez l'ophtalmologiste, les résultats de votre dernier champ visuel, les mesures de pression intraoculaire, les examens d'imagerie rétinienne (OCT, angiographie), et le nom de votre spécialiste référent.
- Concernant le retentissement fonctionnel : votre acuité visuelle de loin et de près avec correction, l'existence d'une reconnaissance officielle de malvoyance, les aménagements éventuels de votre poste de travail, et les éventuels arrêts de travail survenus en lien avec votre pathologie oculaire.
Les pièces justificatives à préparer
Pour accélérer l'instruction et maximiser les chances d'obtenir une décision favorable, constituez un dossier documentaire complet incluant :
- le compte-rendu de votre dernière consultation ophtalmologique
- les résultats de votre bilan visuel complet (acuité, champ visuel, tonométrie, OCT maculaire ou papillaire)
- les comptes-rendus des interventions éventuelles
- un courrier de synthèse rédigé par votre ophtalmologiste résumant l'évolution de la maladie, la qualité du contrôle actuel et le pronostic fonctionnel.
Comment bénéficier de la loi Lemoine quand on souffre de glaucome ou de DMLA ?
Promulguée en 2022, la loi Lemoine a introduit 2 évolutions majeures particulièrement utiles pour les personnes atteintes de pathologies chroniques comme le glaucome ou la DMLA.
Changer d'assurance à tout moment
La mesure phare de ce texte est la faculté de changement d'assurance de prêt immobilier à n'importe quel moment du prêt, sans attendre une date d'anniversaire et sans frais de sortie. Pour un emprunteur dont l'état de santé visuel s'est stabilisé depuis la souscription initiale, cela représente une opportunité concrète de renégocier des conditions plus favorables.
Si votre glaucome est aujourd'hui parfaitement contrôlé depuis plusieurs années et que votre premier contrat comportait une exclusion ou une surprime importante, vous pouvez solliciter de nouvelles offres auprès d'assureurs alternatifs. L'établissement prêteur ne peut pas refuser une substitution dès lors que le nouveau contrat présente des garanties au moins équivalentes à celles stipulées dans la fiche standardisée d'information.
La dispense de questionnaire médical
La loi Lemoine a également introduit la possibilité de souscrire une assurance emprunteur sans remplir de questionnaire de santé, sous réserve que 2 conditions soient simultanément réunies :
- La part du prêt assurée par emprunteur n'excède pas 200 000 euros.
- Le remboursement intégral du crédit interviendra avant le 60ème anniversaire de l'assuré.
Pour un emprunteur atteint de DMLA ou de glaucome, cette disposition peut changer radicalement la donne : sans questionnaire, aucune déclaration de pathologie n'est exigée, et aucune surprime ni exclusion liée à la maladie ne peut être appliquée. Si votre projet immobilier entre dans ces limites, cette voie mérite d'être explorée en priorité.
Quelles sont les garanties d’assurance de prêt à considérer quand on souffre d'une maladie oculaire ?
Les garanties d’assurance de prêt sont affectées en cas de maladie, et se voient appliquer une surprime ou des exclusions en fonction du niveau de risque.
La garantie Décès
Cette garantie couvre le remboursement du capital restant dû en cas de décès de l'assuré, quelle qu'en soit la cause. Pour les maladies oculaires isolées, elle est généralement accordée sans difficultés majeures, parfois avec une légère majoration selon le profil global de santé. Son obtention est rarement compromise par un glaucome ou une DMLA seuls.
La garantie PTIA
La Perte Totale et Irréversible d'Autonomie (PTIA) correspond à un état de dépendance complète nécessitant l'assistance d'une tierce personne pour les actes essentiels du quotidien. Dans le contexte d'une pathologie oculaire, ce niveau d'atteinte implique une cécité totale bilatérale associée à une impossibilité de se déplacer et de se prendre en charge seul. Cette situation demeure rare mais peut survenir dans les formes les plus avancées de DMLA bilatérale sévère, surtout combinées à d'autres pathologies.
Les garanties incapacité et invalidité
Ce sont les garanties les plus susceptibles d'être affectées par une maladie oculaire, et les plus utiles à sécuriser.
- La garantie ITT (Incapacité Temporaire Totale de Travail) prend en charge les mensualités pendant les arrêts de travail temporaires. Pour un assuré atteint de DMLA humide, les arrêts consécutifs aux injections intravitréennes ou à leurs complications peuvent activer cette garantie. En cas d'exclusion liée à la pathologie oculaire, les arrêts de travail d'origine ophtalmologique ne seraient pas couverts, ce qui représente un risque réel à évaluer en fonction de la profession exercée.
- La garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) intervient lorsque le taux d'invalidité fonctionnelle dépasse 66 %. Pour une personne dont la profession exige une vision intacte, une malvoyance sévère bilatérale peut atteindre ce seuil selon le barème médical légal. La couverture de ce risque est particulièrement stratégique pour les professions techniques, médicales ou exigeant la conduite de véhicules.
- La garantie IPP (Invalidité Permanente Partielle), généralement déclenchée entre 33 % et 66 % de taux d'invalidité, peut trouver à s'appliquer dans des situations intermédiaires de baisse visuelle significative avec maintien partiel de l'aptitude professionnelle.
Une attention particulière à la définition de l'invalidité
Tous les contrats ne définissent pas l'invalidité de la même façon. Certains se basent sur l'incapacité à exercer « toute activité professionnelle », d'autres sur l'impossibilité d'exercer « la profession habituelle ».
Cette nuance est capitale pour un assuré dont la baisse de vision le contraint à quitter son métier mais lui permet d'en occuper un autre. Lisez attentivement les conditions générales sur ce point avant de souscrire.
Convention AERAS : le filet de sécurité pour les cas complexes
Un mécanisme automatique pour les profils difficiles
Lorsqu'un assureur constate que votre état de santé oculaire dépasse les seuils de risque qu'il accepte de couvrir dans ses conditions standard, il doit automatiquement orienter votre dossier vers la procédure de la convention AERAS. Cette orientation ne nécessite aucune démarche de votre part : elle s'enclenche de plein droit.
Les conditions d'accès à la convention
Quatre critères doivent être réunis simultanément pour bénéficier de ce dispositif :
- Le montant total des capitaux assurés, tous prêts confondus, ne dépasse pas 420 000 euros.
- Le prêt sera intégralement remboursé avant votre 71ème anniversaire.
- Il s'agit d'un prêt immobilier ou professionnel (les crédits à la consommation sont exclus).
- Votre profil médical présente un risque aggravé de santé au sens de la convention.
L'examen à 3 niveaux
La convention AERAS prévoit un examen du dossier selon une procédure graduée. Si votre demande est refusée en souscription classique (niveau 1), elle est automatiquement transmise à une cellule médicale spécialisée de l'assureur (niveau 2), qui dispose de compétences et d'outils statistiques plus fins pour évaluer les risques atypiques. En cas de nouveau refus, un pool de réassureurs (niveau 3) examine les dossiers les plus complexes.
Pour les emprunteurs atteints d'un glaucome très avancé ou d'une DMLA sévère bilatérale, ce circuit garantit que leur situation bénéficie d'une analyse approfondie plutôt que d'un rejet automatique.
L'écrêtement des surprimes
Pour les emprunteurs aux revenus modestes, la convention AERAS prévoit un mécanisme d'écrêtement qui limite la surprime applicable en fonction du revenu de l'assuré. Ce plafonnement permet d'éviter que le coût de l'assurance emprunteur ne rende le projet immobilier économiquement inaccessible.
Quelle stratégies pour optimiser son dossier et obtenir les meilleures conditions ?
Soigner la présentation de son dossier médical
La qualité de votre documentation médicale joue un rôle déterminant dans la décision finale de l’assureur. Un dossier bien structuré, incluant des examens récents et un courrier de synthèse rédigé par votre ophtalmologiste, facilite le travail du médecin-conseil de l'assureur et peut conduire à des conditions plus avantageuses.
Mettez en avant les éléments objectifs de stabilité :
- une pression intraoculaire dans les valeurs cibles depuis plusieurs années
- un champ visuel stable sur les 2 derniers examens
- une acuité visuelle conservée
- une DMLA sans signe d'activité néovasculaire
Ces données mesurables rassurent davantage un assureur qu'un simple discours sur le bon suivi de la maladie.
Si votre état s'est amélioré grâce à un traitement (stabilisation après injections, meilleure équilibration du glaucome après chirurgie), documentez cette progression de façon claire et chronologique.
Multiplier les demandes auprès de différents assureurs
Les politiques de souscription varient très sensiblement d'une compagnie à l'autre. Face à un même profil ophtalmologique, un assureur peut accepter sans surprime là où un autre propose une majoration substantielle, et où un troisième applique une exclusion totale.
Cette disparité tient à la sinistralité historique observée par chaque compagnie sur ce type de risque, aux compétences médicales de leurs équipes, et à leur appétit commercial du moment.
Ne vous limitez jamais à l'assurance de groupe proposée par votre établissement bancaire. La délégation d'assurance de prêt vous autorise à choisir librement votre contrat, dès lors que les garanties offertes sont au moins équivalentes à celles exigées par le prêteur. Un comparateur spécialisé ou un courtier en assurance emprunteur peut vous aider à identifier les offres les plus compétitives pour votre profil spécifique.
Optimiser le niveau de contrôle de sa pathologie avant de candidater
Si votre glaucome ou votre DMLA n'est pas encore parfaitement équilibré, envisagez de reporter vos démarches d'assurance de quelques mois. Une période de stabilité documentée améliore nettement votre profil aux yeux des assureurs.
Consultez votre ophtalmologiste pour optimiser votre prise en charge avant de commencer les démarches : un ajustement de traitement aboutissant à une meilleure stabilisation peut faire basculer une décision d'exclusion vers une simple surprime, ou une surprime vers une acceptation standard.
Adapter son projet aux seuils de la loi Lemoine
Si votre situation le permet, envisagez de structurer votre projet de façon à bénéficier de la dispense de questionnaire médical : capital assuré par emprunteur inférieur ou égal à 200 000 euros, avec remboursement intégral avant 60 ans. Cette configuration vous permet de vous affranchir totalement des conséquences assurantielles de votre pathologie oculaire, quelle qu'en soit la sévérité.
Ajuster les quotités entre co-emprunteurs
Lorsque vous empruntez en couple, les quotités d'assurance de prêt peuvent être réparties de façon asymétrique. Si votre pathologie oculaire entraîne une surprime importante sur vos garanties, concentrer une quotité plus élevée sur le co-emprunteur dont le profil de santé est plus favorable peut réduire le coût global de l'assurance. Cette stratégie doit néanmoins être pesée en tenant compte du risque résiduel en cas de décès du co-emprunteur le plus couvert.
Pourquoi les assureurs s'intéressent-ils aux maladies de la vision ?
Des risques fonctionnels aux conséquences professionnelles réelles
Contrairement à des pathologies internes peu visibles au quotidien, les maladies oculaires influencent directement la capacité à exercer une activité professionnelle, et c'est précisément ce qui attire l'attention des assureurs. Leur analyse ne porte pas uniquement sur le risque vital mais sur l'ensemble des conséquences fonctionnelles que peuvent entraîner ces affections.
Plusieurs facteurs préoccupent les compagnies d'assurance de prêt :
- L'incapacité de travail liée à la baisse de vision. Un grand nombre de métiers exigent une acuité visuelle suffisante : conduite de véhicules ou d'engins, travaux de précision, informatique, chirurgie, travaux en hauteur. Une dégradation visuelle significative peut rendre l'exercice de certaines professions impossible, déclenchant un arrêt de travail prolongé ou une inaptitude définitive.
- Le risque d'invalidité permanente. Un glaucome évolué bilatéral ou une DMLA avancée touchant les deux yeux peuvent conduire à une malvoyance sévère, voire à une cécité légale, avec un retentissement fonctionnel suffisant pour ouvrir droit à la reconnaissance d'une invalidité.
- La chronicité et la progression inéluctable. Ces 2 maladies partagent une caractéristique qui inquiète particulièrement les assureurs : elles ne guérissent pas. Les traitements disponibles ralentissent ou stabilisent l'évolution, mais n'inversent pas les dommages déjà causés. Cette chronicité inscrit l'emprunteur dans une trajectoire médicale incertaine sur la durée d'un prêt immobilier, qui peut s'étaler sur 20 à 25 ans.
- Le risque d'accident lié à la déficience visuelle. Une vision altérée augmente statistiquement le risque de chutes, de collisions et d'accidents domestiques ou professionnels, susceptibles d'engendrer des blessures entraînant une incapacité de travail.
Comment évaluer le risque ophtalmologique en assurance emprunteur ?
Chaque dossier d’assurance de prêt immobilier fait l'objet d'une analyse individualisée fondée sur plusieurs critères déterminants.
1. Le stade de la maladie et son étendue
Un glaucome débutant, unilatéral, avec une pression intraoculaire bien contrôlée par un traitement local, n'est pas perçu de la même façon qu'un glaucome bilatéral avancé avec amputation significative du champ visuel. De même, une DMLA sèche précoce touchant un seul œil n'est pas équivalente à une DMLA humide bilatérale avec forte baisse d'acuité.
2. Le niveau de contrôle thérapeutique
L'assureur s'intéresse à l'efficacité du traitement mis en place. Une pression oculaire stabilisée dans les valeurs cibles grâce à des collyres bien tolérés, ou une DMLA humide stabilisée par des injections intravitréennes régulières, constituent des éléments rassurants. À l'inverse, une maladie qui évolue malgré plusieurs lignes de traitement signale un profil à risques aggravés de santé.
3. Le retentissement sur l'acuité visuelle
Les mesures objectives de la vision restante jouent un rôle central dans l'évaluation. Une acuité visuelle corrigée supérieure à 5/10 sur l'œil le moins atteint est généralement compatible avec le maintien d'une activité professionnelle, tandis qu'une vision en dessous de ce seuil peut ouvrir la voie à une reconnaissance de malvoyance légale.
4. La profession exercée
L'impact d'une baisse de vision n'est pas identique pour un cadre administratif travaillant sur ordinateur et pour un conducteur de poids lourds, un opérateur de machine-outil ou un chirurgien. Les assureurs tiennent compte de la nature du poste occupé pour apprécier le risque réel d'inaptitude.
5. L'âge de survenue et l'ancienneté de la pathologie
Un glaucome diagnostiqué à 35 ans laisse entrevoir une évolution potentiellement longue sur la durée du prêt, tandis qu'une DMLA apparue après 70 ans dans le cadre d'un prêt court terme représente un profil différent. La stabilité observée depuis le diagnostic constitue un argument favorable dans tous les cas.
6. Les comorbidités associées
Diabète, hypertension artérielle, myopie forte et antécédents vasculaires sont autant de facteurs qui peuvent aggraver le pronostic ophtalmologique et complexifier l'évaluation médicale.
FAQ sur l'assurance emprunteur en cas de glaucome ou de DMLA
